Ce que nous promet Obama

Le 07 novembre 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le plus dur (re)commence.
Le plus dur (re)commence.

Sans être mirifique, le bilan environnemental d’Obama 1 est honorable. Il n’est pas dit que celui d’Obama 2 soit meilleur.

Quel bilan environnemental pour Obama 1? Tout dépend du point zéro. Si l’on s’en tient aux discours de sa première campagne présidentielle, nombre de mesures manquent à l’appel. A commencer par la fameuse loi sur l’énergie et le climat, torpillée à mort par des parlementaires républicains (et par certains démocrates pro-charbon) en 2010.

En regardant le premier mandat dans le rétroviseur, beaucoup a été réalisé, malgré l’obstruction quasi systématique du Congrès. Dans le cadre de son pharaonique plan de relance de 2009, Barak Obama avait prévu d’injecter 90 milliards de dollars (70,5 milliards d’euros) pour développer les énergies propres et renouvelables. Avec un certain succès. Entre 2008 et 2011, la production des renouvelables a bondi de 30%. Un succès qui a surtout profité au photovoltaïque (+100%), à l’éolien (+100%) et aux agrocarburants (+42%). Depuis 2008, rappelle l’agence des statistiques du département à l’énergie, les Etats-Unis n’ont jamais autant produit d’énergie verte.

Des deux côtés de l’échiquier politique, cette volonté de décarboner (en douceur) le secteur de l’énergie a suscité des vocations. Une trentaine d’Etats ont fixé aux compagnies d’électricité des objectifs de production d’énergie renouvelable. Pour la seule année 2012, pas moins de 12 propositions de loi locales ont été discutées pour annuler ou diminuer ces obligations.

Autre victoire du locataire de la Maison blanche: l’obligation faite aux constructeurs automobiles d’améliorer d’un facteur, en moyenne, les performances énergétiques de leurs véhicules d’ici 2025. Avec quelques concessions à la clé, le 44e président américain a sauvé, à plusieurs reprises, le budget de l’agence fédérale de l’environnement (bête noire des Républicains). Pourtant créée par le président Nixon, cette EPA a réussi, à coups de procès, à faire en sorte que la justice fédérale l’autorise à légiférer sur les émissions de CO2, désormais reconnu comme un polluant de l’air. Elle a aussi durci les normes d’émission de polluants (comme le mercure) des centrales thermiques.

Pour autant, l’administration Obama n’est pour rien dans la création des deux marchés nord-américains de quotas d’émission de CO2. La RGGI, qui réunit 9 Etats du nord-est, a été créée, en partie grâce à un certain… Mitt Romney, alors gouverneur du Massachusetts. La Western Climate Initiative, qui prétend réguler les émissions carbonées des industries de la Californie et de 4 provinces canadiennes, a été portée sur les fonts baptismaux par Arnold Schwarzenegger, alors gouverneur de la Californie.

Le programme environnementalo-énergétique que Barak Obama entend mettre en œuvre durant ces «four more years» n’est pas d’une grande clarté. A n’en point douter, il facilitera l’exploitation des gisements d’hydrocarbures nationaux, et notamment des gaz de schiste, pour conquérir enfin l’indépendance énergétique des Etats-Unis.

Parallèlement, il n’a pas abandonné son grand dessein: engager le pays sur la voie de la décarbonisation. L’objectif d’une production d’électricité «décharbonifiée» à 80% en 2035 reste d’actualité. Ce qui suppose de donner un sacré coup de pouce aux centrales au gaz, aux renouvelables et au nucléaire.

Mais la mère des priorités du président est ailleurs. D’ici le 31 décembre, le nouveau Congrès (majoritairement républicain à la chambre des représentants) et l’administration doivent trouver un accord pour prolonger certaines exemptions fiscales (pour les renouvelables, notamment), mais surtout pour rehausser le montant du plafond de la dette. Faute de quoi, chaque foyer américain pourrait voir augmenter, dès 2013, sa feuille d’impôt de 3.500 $ (2.750 €). Inimaginable. Du moins, pour le moment.



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