Ce poisson n’est pas celui que vous croyez

Le 27 mai 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les analyses d’ADN ne servent pas seulement à résoudre des affaires de mœurs. C’est aussi un moyen de lutte contre la fraude ou contre l’érosion de la biodiversité. Un seul exemple. L’association américaine Oceana a récemment compilé, dans un rapport, les résultats de nombreuses études génétiques portant sur les poissons régulièrement consommés en Europe ou en Amérique du Nord.
 
Et les résultats de cette «compil» sont des plus inquiétants. En gros, 20 à 25% des poissons que nous consommons ne sont pas ceux que nous avons achetés. Pour certaines espèces, la fraude peut atteindre un taux de 70%.
 
Les chercheurs ayant analysé le contenu de nos assiettes sont formels. Les amateurs de dorades coryphènes vont plus souvent manger du sériole chinchard que leur poisson préféré. Le saumon, vendu sauvage, a passé la plupart du temps toute sa vie dans un bac d’aquaculteur. La succulente tranche d’espadon a souvent de bonnes chances d’avoir, en fait, été prélevée sur un requin mako. Même chose pour le mérou dont les délicieux morceaux proviennent régulièrement de perche du Nil, de poisson-chat, voire de tilapia. 
 
Extrêmement répandu, ce type de fraude touche, explique l’ONG, tous les types de commerce: grande distribution, restauration et même la vente directe.
 
En pleine expansion, ce phénomène a de nombreuses conséquences.
Environnementales, pour commencer. Car, comment bien évaluer les prises (et donc les stocks de poissons) si une bonne partie du tonnage consommé est enregistré sous de fausses catégories? Rappelons que la pêche illégale fourni environ 20% du poisson consommé à terre.
 
Sanitaires aussi. De nombreuses espèces, habituellement non consommées (ou non indiquées sur un paquet, comme les crustacés), peuvent être porteuses d’allergènes ou de toxiques, telle la ciguatoxine.
 

Economiques, enfin. Selon l’administration américaine en charge du contrôle des pêches (la Noaa), 5.000 tonnes de chair de poisson-chat vietnamien ont été importées, l’an passé, sous l’appellation de mérou. Gain pour les fraudeurs: 63 millions de dollars (44,21 millions d’euros). 



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