CDG Express: la deuxième enquête publique est ouverte

Le 17 juin 2016 par Marine Jobert
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Rallier Paris depuis CDG en 20 minutes.
Rallier Paris depuis CDG en 20 minutes.
DR

Rallier la capitale à l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle en 20 minutes et pour 24 euros, c’est l’objectif du CDG Express, un projet de ligne ferroviaire de 32 kilomètres, dont la réalisation pourrait coûter 1,7 milliard d’euros. Une deuxième enquête publique est organisée jusqu’au 12 juillet 2016 pour modifier la déclaration d’utilité publique (DUP) déjà accordée en 2008.

Et c’est reparti pour une deuxième enquête publique dans le dossier CDG Express, cette ligne ferroviaire de 32 km (dont 8 km de voies nouvelles) qui pourrait, dès 2023, relier la gare de l’Est à l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle en 20 minutes. Une procédure qui s’avère être une quasi-formalité puisqu’il s’agit de modifier la DUP déjà accordée en 2008 (et valable jusqu’en 2018), suite à des changements capitalistiques et juridiques dans le dossier. Notamment le mariage de raison imposé par l’Etat en février 2016 entre SNCF Réseau (ex-RFF) et Aéroports de Paris. Ouverte depuis le 8 juin, l’enquête publique s’achèvera le 12 juillet prochain.

Etude d’impact de 2007

Dans le dossier se trouve notamment l’avis mitigé émis en avril 2016 par l’Autorité environnementale (AE) sur l’étude de l’impact du projet. Or cette étude date de 2007, autant dire de Mathusalem, compte tenu de l’évolution rapide du contexte urbain en région parisienne. Conséquence: elle ne comporte pas tous les éléments exigés par la réglementation aujourd’hui en vigueur. «Ces manques majeurs forment un fort contraste avec la qualité des dossiers habituellement soumis à l’AE à l’occasion des DUP de grands projets d’infrastructure ferroviaire», estimait alors l’AE, rattachée au Conseil général à l’environnement et au développement durable (CGEDD).

Ce projet prévoit l’aménagement du réseau existant (24 kilomètres), des gares de départ et d'arrivée, ainsi que la création de deux tronçons nouveaux (8 km), pour un montant prévu de 1,7 Md€.

Données obsolètes

Pas de problème, selon le maître d’ouvrage: puisque la DUP est toujours en vigueur et que l’actuel dossier d’enquête publique vise seulement «à confirmer que les modifications introduites dans le montage juridique et financier du projet n’affectent pas la DUP prise en 2008. (…) La maîtrise d’ouvrage déposera un dossier afin d’obtenir une autorisation environnementale unique. Ce dossier comprendra une nouvelle étude d’impact sur l’environnement.» «Donc ça revient à nous dire ‘donnez votre feu vert sur la base d’informations obsolètes’», s’insurge Marine Calmet, juriste et membre de l’association Stop CDG Express, qui a lancé un site d’assistance pour répondre à la consultation.

Voyageurs payeurs

Au dossier d’enquête publique, également, l’avis rendu en avril par le commissaire général à l’investissement qui, bien que favorable, est très mesuré. Notamment parce que la rentabilité financière du projet est assise sur une taxe sur les passagers aériens, même ceux qui n’emprunteront pas la ligne, laquelle sera en outre concurrencée par la ligne B (et les détenteurs de Pass Navigo, peu enclins à dépenser les quelque 24 € du trajet). Mais aussi parce que l’articulation avec les autres projets ferroviaires, destinés aux transports du quotidien, est insuffisamment «mature». «C’est un train avec deux terminus, destiné uniquement aux touristes et aux voyageurs d’affaires qui ne voudront pas se mêler aux ‘gueux’ du RER B. Les habitants et ceux qui empruntent tous les jours des transports en commun qui ont besoin d’être rénovés, n’en auront que les nuisances», assure Marine Calmet. Détail ‘amusant’: la ligne projetée n’acheminera les voyageurs qu’au terminal n°2. «Il faudra qu’ils prennent le RER pour aller au terminal n°1», soupire la juriste.

DUP attaquée

La récente décision du Conseil d’Etat, qui a annulé la DUP des travaux nécessaires à la réalisation de la ligne à grande vitesse Poitiers-Limoges le 15 avril dernier, donne de l'espoir aux opposants. «Le Conseil d’Etat s’est posé en juge de l’efficacité du projet après analyse de son coût-bénéfice. On aimerait que le même raisonnement soit appliqué à cette ‘ligne pour les riches’», explique Marine Calmet. Affaire à suivre.

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus