Carton rouge pour Amazon

Le 25 septembre 2018 par Stéphanie Senet
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Le distributeur fait l'impasse sur la garantie et la reprise des déchets
Le distributeur fait l'impasse sur la garantie et la reprise des déchets

 

L’association Les Amis de la Terre a déposé une plainte contre le distributeur américain en ligne Amazon pour plusieurs violations du droit de l’environnement et de la consommation.

Pour les Amis de la Terre, la coupe est pleine. Amazon accumulant les bévues, l’ONG a décidé de déposer un dossier auprès de la Direction générale de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). Elle reproche au géant américain de mal informer les consommateurs, qui ne peuvent pas distinguer, sur son site, les produits vendus directement par Amazon des produits vendus par des tiers. «La société se protège derrière ce rôle d’intermédiaire afin d’être dégagée de toute responsabilité envers les consommateurs français. Ceux-ci se retrouvent confrontés à des vendeurs injoignables ou à des sociétés-écrans, voyant leur droit à la garantie légale bafoué», résume-t-elle.

Violation de la garantie

Deuxième violation du droit de la consommation: lorsqu’un produit est défectueux, Amazon renvoie l’acheteur vers le fabricant «alors que la loi lui impose de prendre directement en charge la garantie», poursuit l’association.

Impasse sur la reprise

Troisième et dernier grief: le distributeur ne propose pas à ses clients de reprendre les déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE), contrairement à ce que lui impose le code de l’environnement. Une infraction aggravée par le fait qu’Amazon «détruit des quantités massives de produits invendus», selon un reportage de l’émission allemande Frontal 21, diffusé en juin dernier sur la chaîne ZDF. Des employés y racontent qu’ils ont détruit des lave-vaisselle, lave-linge, et tablettes retournés par les clients alors qu’ils étaient encore en état de marche ou avaient de légers défauts.

Et l’économie circulaire ?

Autant de pratiques qui ne devraient pas non plus être du goût du ministère de la transition écologique, qui veut favoriser le réemploi et le recyclage dans le cadre de sa feuille de route sur l’économie circulaire. Début juillet, la secrétaire d’Etat Brune Poirson a d’ailleurs présenté un nouvel indice de réparabilité, qui doit être opérationnel au 1er janvier 2020 sur les équipements électriques et électroniques.

«Si la DGCCRF ne constate pas le délit, nous saisirons le procureur de la République», a indiqué Alma Dufour, des Amis de la Terre. 

 



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