Carrefour propose 300 produits «nourri sans OGM»

Le 26 octobre 2010 par Célia Fontaine
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Le groupe de grande distribution Carrefour va apposer, à partir d’aujourd’hui 26 octobre, un étiquetage « nourri sans OGM » sur 300 de ses produits[1].

Actuellement, plus de 80 % des OGM (surtout maïs et soja transgéniques américains) sont destinés à l’alimentation des animaux d’élevage. Or la réglementation européenne actuelle, qui impose l’étiquetage des produits lorsque le seuil de présence d’OGM fortuite est supérieur à 0,9 %, ne concerne pas les produits issus d’animaux nourris aux OGM.

Il est donc difficile de connaître la nature exacte de ce qui se trouve dans les rayons des supermarchés. Le logo créé par Carrefour vise à rassurer les consommateurs, de plus en plus demandeurs d’informations et méfiants face aux OGM (dans le JDLE). Il synthétise le système de traçabilité mis en place pour éviter toute contamination entre produits issus d’OGM et non OGM. Les produits concernés sont ainsi garantis sans OGM à 99,1 %.

Il est ainsi conforme à la réglementation qui laisse le choix aux Etats membres de fixer des règles nationales pour l’étiquetage « négatif ». En France, la mention « sans OGM » est donc réservée aux produits dans lesquels on n’en détecte pas ( moins de 0,01 % d’OGM).

L’initiative du groupe devance la réglementation française, aujourd’hui à la traîne. Le décret sur l’étiquetage des produits non modifiés génétiquement se fait en effet désirer. Il est actuellement en cours d'examen par le Haut conseil des biotechnologies.

Les produits Carrefour estampillés « nourri sans OGM » seront un peu plus chers que les produits traditionnels. Mais le distributeur indique avoir choisi d'absorber l'essentiel du surcoût pour éviter un impact trop important sur le consommateur final.

Le géant de la distribution n’en est pas à la première initiative de ce genre. En 1998, il a développé une filière d’alimentation animale sans OGM, en partenariat avec 3.000 producteurs, éleveurs et industriels de l’agroalimentaire. Toutes les étapes de la production sont contrôlées par deux laboratoires (Eurofins et Silliker).

Les associations saluent ce qu'ils considèrent comme une avancée. Certaines réclament depuis quelques années que les viandes et les produits issus d'animaux (lait, œufs, etc.) bénéficient d'un étiquetage, au même titre que les produits végétaux, quand leur alimentation a contenu des OGM.

Pour Greenpeace France, il s’agit d’une « première dans la grande distribution ». L’ONG espère que les autres acteurs de la grande distribution et l’industrie agroalimentaire suivront le mouvement. Jusqu’à présent, seuls les produits biologiques certifiés pouvaient garantir au consommateur une alimentation sans OGM. « C'est l'effet domino que peut avoir cette initiative qui nous paraît très positif. Il est important de montrer aux producteurs de soja brésiliens, par exemple, qu'il y a une demande pour le soja sans OGM en Europe », indique Arnaud Apoteker, chargé de campagne OGM chez Greenpeace. L’association estime que Carrefour doit aller encore plus loin et garantir l’absence d’OGM pour tous ses produits (marque distributeur) et dans tous les pays où il possède des magasins.



[1] Il s’agit des produits « Engagement Qualité Carrefour », comme le porc, le veau, volailles, œufs ou poissons d’élevage. Pour l’instant, les produits laitiers ne sont pas concernés. Carrefour travaille sur l’alimentation des vaches pour étendre la démarche aux produits laitiers.



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