Carlos-Manuel Rodrigues: «nous sommes tous dans le même bateau»

Le 14 décembre 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg, envoyé spécial
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Très impliqué dans les négociations, le ministre costaricain de l'Environnement reste optimiste.
Très impliqué dans les négociations, le ministre costaricain de l'Environnement reste optimiste.
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Malgré la dramatisation de ces dernières heures, le ministre costaricain de l’environnement reste optimiste quant à l’issue de la COP 24.

Certains gouvernements plaident pour une application de l’Accord de Paris à deux vitesses, l’une pour les pays riches, l’autre pour les émergents. Qu’en pensez-vous ?

Nous devons tous réviser nos contributions nationales volontaires (INDC) à l’aune de l’objectif de stabiliser le réchauffement à 1,5 °C.

Au plan des finances, la plupart des pays en développement exercent une pression sur les pays du Nord pour qu’ils accroissent leur soutien financier. Mais tous les pays doivent mobiliser leurs ressources domestiques. Tout le monde doit s’y mettre. Les pays tropicaux, par exemple, doivent mettre un terme à la déforestation.

C’est terminé le temps où le monde était divisé entre «vilains» pays qui devaient réduire leurs émissions et les gentils. A Paris, en 2015, nous nous sommes tous mis dans le même bateau. Les règles de mises en œuvre de l’Accord de Paris doivent donc avoir comme référence l’objectif de stabiliser le réchauffement à 1,5°C. Il n’y a pas de discussion possible là-dessus.

 

Même si une poignée de pays rejettent encore les conclusions du rapport du Giec sur les conséquences d’un réchauffement à 1,5°C?

On a 10 ans devant nous pour mettre nos INDC en adéquation avec cet objectif. Et tout le monde est d’accord avec ça, à l’exception d’une demi-douzaine de pays, comme les Etats-Unis, l’Arabie Saoudite, Russie, Chine. On ne doit pas mélanger la politique à la science. Les politiques doivent être basées sur la science. Bien sûr que l’on a besoin de faire plus de recherche, mais c’est ce que nous faisons de toute façon[1].  La science n’est pas conclusive, mais elle nous indique la direction que nous devons emprunter.

 

Votre pronostic pour la fin de la COP ?

A chaque COP, il y a toujours quelques heures de dramatisation. Les discussions vont se prolonger toute la journée et, probablement, une partie de la nuit. Mais les positions des uns et des autres se rapprochent. Le Costa Rica et près de 190 pays poussent à l’obtention d’un accord robuste et très ambitieux. Et je suis très optimiste quant à l’issue des discussions, notamment pour ce qui concerne la mobilisation des ressources domestiques, de la transparence, des mécanismes de rapportage.

 

Pourquoi le Costa-Rica est-il candidat à l’organisation du prochain sommet climatique mondial ?

Nous proposons d’organiser la COP 25 parce que c’est important pour l’Amérique centrale d’organiser une COP. Et parce que la convention a besoin d’une dose de responsabilité que le Costa-Rica peut lui offrir. Nous travaillons en commun avec le Chili, qui est aussi candidat. Et si nous n’avons pas de décision aujourd’hui, nous l’aurons dans les prochaines semaines.

 

 



[1] L’Arabie Saoudite a expliqué son opposition au rapport spécial du Giec par le fait qu’il était scientifiquement incomplet.

 



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