Cargo sous terrain, le nouvel Eldorado du transport de marchandises

Le 03 octobre 2018 par Marine Jobert
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Une logistique intégrée pour le transport de marchandises.
Une logistique intégrée pour le transport de marchandises.

«Des marchandises sous nos pieds, de l’espace libéré.» Voici le slogan du projet ‘Cargo sous terrain’ que la Suisse est en train de soutenir. Plus ‘écolo’ que la route, cette infrastructure souterraine pourrait, selon ses promoteurs, devenir la logistique urbaine de demain.


Sur le papier, le projet paraît fou. Creuser 500 kilomètres de tunnels à une cinquantaine de mètres sous terre, y compris en zone urbaine, pour acheminer des marchandises sous la terre. Un réseau souterrain ponctué de 80 ‘hubs’ automatisés, dans lesquels seraient chargés palettes et conteneurs pour être acheminés à 30 km/h, voire 60 pour de petits paquets, de jour comme de nuit. Nom de code: CST, pour cargo sous terrain. Mise en service: 2030, avec un premier tronçon de 70 km entre la région d’Härkingen/Niederbipp et Zürich en Suisse centrale. Un projet à 33 milliards de francs suisses (29 Md€), auquel la Confédération helvétique, après avoir formulé plusieurs réserves en 2016, vient de donner un élan décisif. Le 28 septembre, le conseil fédéral a décidé de mettre en consultation d’ici fin 2018 une loi fédérale sur les installations souterraines de transport de marchandises.
De solides investisseurs
Le conseil fédéral veut aussi s’assurer que le projet CST bénéficie du soutien des principaux milieux politiques et économiques. Mais un coup d’œil au pedigree des investisseurs permet de se convaincre d’un certain engouement pour le projet. On y trouve la Coop, la Fédération des coopératives Migros, la Poste suisse, Swisscom, la Banque cantonale zurichoise, Crédit Suisse, une entreprise de mécatronique, une compagnie d’assurances... Mais aussi un investisseur chinois (Dagong Global Investment Holding Group-, qui compte bien ramener le concept dans ses valises.
Moins de bruit et de CO2
Le pari de ses promoteurs est que la croissance économique qu’ils appellent de leurs vœux va générer un trafic routier et logistique que le rail et la route ne pourront absorber. Et puisqu’«une extension illimitée des infrastructures de transport n’est pas possible», il leur parait «nécessaire de trouver de nouveaux moyens de ravitailler les villes». Moins de bruit, moins de CO2 et autres polluants atmosphériques. Des routes moins endommagées. Moins d’embouteillages. Une consommation de terres réduite pour les infrastructures de surface. Ses promoteurs assurent que CST présente un cycle de vie plus avantageux que les systèmes de transport actuels et qu’une fois achevé, CST réduira d'environ 30% le transport de marchandises dans les villes et de 20% le trafic autoroutier des poids lourds. Sans compter que le système devra, à terme, fonctionner à l’électricité renouvelable. Le dernier kilomètre sera pris en charge par des véhicules électriques. Enfin, CST entend proposer un système d’évacuation des déchets et le transport de matériaux recyclables des centres-villes vers la périphérie.



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