Cargill paie les agriculteurs pour alléger son bilan carbone

Le 10 avril 2020 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Sous les racines, le carbone.
Sous les racines, le carbone.
Quantified Ventures

La multinationale de l’agroalimentaire veut utiliser un nouveau type de crédits carbone.

C’est une entreprise peu connue du grand public, dont nous consommons pourtant, chaque jour, des produits vendus ou transformés par ses soins. Avec un chiffre d’affaires de 113 milliards de dollars (milliards d’euros), Cargill est la plus importante société mondiale de négoce et de transformation de produits agricoles. 

Centenaire, cette entreprise familiale entend réduire de 10% ses émissions de gaz à effet de serre entre 2017 et 2025. Ce qui suppose de faire évoluer les pratiques agricoles de ses fournisseurs: les agriculteurs.

planteurs de cacao

Voilà des années qu’elle distille de bonnes pratiques agronomiques aux dizaines de milliers de planteurs de cacao qui travaillent pour elle. Maintenant, elle entend payer les agriculteurs qui réduiront leurs émissions et stockeront plus de carbone dans le sol.

En partenariat avec l’association des producteurs de soja de l’Iowa (ISA) et le consultant Quantified Ventures, Cargill a monté le Soil & Water Outcomes Fund (SWOF), un nouveau venu dans l’intermédiation de crédits carbone.

Des agriculteurs volontaires pour réduire l’épandage d’engrais azotés[1], planter des cultures intersaison[2]ou diminuer les labours toucheront un revenu complémentaire de SWOF, dès que ses experts auront évalué les bénéfices environnementaux réels, pqrcelle par parcelle, de la mise en œuvre de ces pratiques. Selon l’ISA, ces revenus compensatoires pourraient atteindre 30 à 45 $/acre, soit 11 à 17 euros/hectare.

crédit carbone

Pour chaque tonne de GES évitée ou stockée dans le sol, SWOF génèrera un crédit carbone que Cargill pourra utiliser pour se conformer à ses objectifs climatiques. Le géant de Minnepolis a convaincu plusieurs dizaines d’agriculteurs, exploitant 4.000 hectares dans l’Iowa, de tenter l’expérience.

Selon l’industriel, l’expérience pourrait permettre, durant la première année, d’éviter l’émission de 50 tonnes d’oxyde nitreux et de stocker 7.500 tonnes de carbone dans les champs.



[1]Dont la dégradation produit de l’oxyde nitreux, gaz à effet de serre 320 fois plus puissant que le CO2.

[2]Qui évite l’érosion des sols et fertilisent naturellement.