Caractériser la pollution au ras du sol depuis l’espace, c’est possible!

Le 17 janvier 2014 par Marine Jobert
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Le satellite MetOp.
Le satellite MetOp.
©ESA

En janvier 2013, la pollution au-dessus de Pékin[1] était (déjà) atroce. Près de 1,3 million de kilomètres carrés -soit près de 13,5% du territoire national- étaient touchés par une intense pollution aux particules fines. 817 km au-dessus de ce brouillard meurtrier, le satellite MetOp a tout vu et tout enregistré, dans le cadre du programme EPS (Eumetsat Polar System), dont la mission sera de surveiller, en continu, la composition atmosphérique pendant les 15 prochaines années. C’est la première fois qu’un satellite observe des panaches de plusieurs polluants d'origine anthropique situés au niveau du sol et caractérise leur composition. Ces résultats, obtenus par une équipe du laboratoire Atmosphères, milieux, observations spatiales (CNRS/UPMC/UVSQ), en collaboration avec des chercheurs belges et avec le soutien du Centre national d’études spatiales (Cnes), sont publiés par la revue Geophysical Research Letters.

 

Quel est l’intérêt de disposer de données captées à si haute altitude? Car la Chine possède un réseau de surveillance de la qualité de l'air. Depuis mars 2013, 190 villes sont équipées de stations fournissant en temps réel des mesures de polluants-clés incluant les particules fines (PM), le monoxyde de carbone (CO) et le dioxyde de soufre (SO2). «Cependant la répartition géographique des stations de mesure est sporadique, ce qui rend difficile la prévision des développements d'épisodes de pollution», explique le Cnes. A cela s’ajoute une précision relative, depuis l’espace, à l’approche de la croûte terrestre. Sans compter que déterminer avec des satellites la composition de l'atmosphère à proximité du sol restait jusqu'à présent compliqué.

 

A condition que les conditions météorologiques soient «stables» (ce qui favorise l'accumulation de polluants au niveau du sol) et dans l’hypothèse d’une différence de température importante entre le sol et l'air juste au-dessus de la surface terrestre, il s’avère que le matériel embarqué par le satellite MetOp est en mesure de détecter des panaches de polluants, «même tout près du sol». «[Le sondeur infrarouge embarqué] a ainsi mesuré en janvier 2013 au-dessus de Pékin et des villes alentour des concentrations très élevées de polluants d'origine anthropique tels que le CO et le SO2, l'ammoniac (NH3) et des aérosols de sulfates d'ammonium», constate le Cnes, qui se réjouit de ces performances et ambitionne dorénavant de «surveiller plus précisément et plus régulièrement les épisodes de pollution associés à des conditions météorologiques stables».

 



[1] Mais aussi au-dessus de Tianjin, les provinces d’Hebei, Henan, Shandong, Shanxi et Jiangsu, ou encore les villes du centre de la Chine comme Hefei et Wuhan, ainsi que celles de l’ouest comme Chengdu.

 



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