Captage-stockage : une solution (peut-être) à moyen terme

Le 05 décembre 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg, envoyé spécial
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A Lacq, Total a expérimenté une chaîne complète de captage-stockage de CO2.
A Lacq, Total a expérimenté une chaîne complète de captage-stockage de CO2.
Alstom

Le captage-stockage géologique de CO2 (CSC) intéresse l'industrie lourde et le secteur de l'électricité pour décarboniser leurs installations.

Longtemps, le captage-stockage de CO2 (CSC) a été l’une des solutions de prédilection de l’Union européenne pour réduire son bilan carbone. Il y a quelques années encore, Bruxelles prévoyait de construire une douzaine d’installations de taille industrielle pour prouver qu’il était possible de conjuguer utilisation des énergies fossiles et réduction des émissions.

Le concept est assez séduisant : capter le CO2 produit par des centrales thermiques, de très grosses chaudières, des cimenteries ou des aciéries, le filtrer, le comprimer avant de l’injecter dans des structures géologiques étanches d’où (en principe) il ne sortira pas.

Les pionniers norvégiens

Ce sont les Norvégiens qui ont tiré les premiers. Soumis à une taxe carbone très élevée, Statoil a préféré, sur deux de ses grosses plateformes de production de gaz naturel, enfouir le CO2 dans les profondeurs plutôt que de le relarguer dans l’atmosphère. Depuis 1996, Sleipner B injecte ainsi 1 million de tonnes de gaz carbonique par an dans le gigantesque aquifère d’Utsira, dans le sous-sol de la mer du Nord.

La technologie est réputée mature. Elle est d’ailleurs utilisée dans une quinzaine de sites industriels dans le monde. Et une cinquantaine de projets sont dans les tuyaux. Le potentiel n’est pas nul. Le récent scénario 2°C de l’agence internationale de l’énergie estime à 13% la part du CSC dans la décarbonisation de l’économie à l’horizon 2050. Loin derrière les renouvelables (30%) mais bien devant l’énergie nucléaire (8%).

Technologie coûteuse

Pourquoi si peu? Même si elle est éprouvée, la technologie du captage reste coûteuse. Le prix du dispositif est comparable à celui de la centrale thermique. Et l’exploitation n’est pas moins chère: «Même si chaque installation est spécifique, nous arrivons à des coûts tournant autour de 50 euros par tonne de CO2, sur une période d’une quarantaine d’années», confirme Isabelle Czernichowski-Lauriol du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). À cela, il faut ajouter le transport du gaz et son injection dans le sous-sol. Acceptable, si la taxation de l’émission du dioxyde de carbone est élevée (comme en Norvège) ou si le CO2 peut être valorisé.

C’est précisément le cas aux Etats-Unis où plusieurs unités de CSC revendent leur CO2 à des compagnies pétrolières qui l’injectent dans leurs puits pour optimiser leur productivité. Pas simple de faire admettre que cette technologie climatique sert aussi à accroître la production d’hydrocarbures. Surtout dans un pays où le moindre forage est désormais suspect.

Nouveau concept

Autre écueil: l’acceptabilité. Aux Pays-Bas, un important projet de «séquestration» du carbone a dû être annulé par la Shell devant l’opposition du public. Les riverains de la raffinerie ne comprenaient pas pourquoi le CO2, désormais considéré comme un polluant, devait être enterré sous leurs pieds, transformant en quelque sorte le sous-sol en décharge carbonique.

Pour tenter d’accélérer le développement de la CSC, les chercheurs travaillent sur de nouveaux concepts, comme l’injection de CO2 dans les puits de géothermie. Un projet, soutenu par l’agence nationale de la recherche, pourrait d’ailleurs prochainement être lancé dans la région Centre.



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