CAP21 ne veut pas d’un nouvel incinérateur dans l’Oise

Le 25 août 2011 par Célia Fontaine
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Dans un courrier du 16 août dernier, CAP21, le parti écologiste présidé par Corinne Lepage, fait part de son avis défavorable au projet de construction d'une plateforme de traitement de déchets dans l'Oise, comprenant méthanisation et incinérateur.
 
Alors que l’enquête publique a été prolongée d'une quinzaine de jours, Eric Delhaye et Michel Jeannerot (délégués CAP21 Oise) s’adressent directement à la commissaire enquêtrice chargée d’étudier le projet « Symeo » d’implantation d’un complexe de traitement de déchets ménagers à Villers Saint-Sépulcre.
 
Selon eux, la construction d’un second incinérateur qui prévoit de traiter plus de 110.000 tonnes par an ne répond pas à l’objectif de réduction de la part de déchets enfouie/incinérée[1] prévu par la loi Grenelle I du 3 août 2009 et par le plan départemental d’élimination des déchets ménagers et assimilés. En effet, ce choix offre au département «peu de flexibilité pour l’avenir puisqu’il fige un tonnage entrant important sur le futur incinérateur, peu propice au développement de la prévention, du tri et du recyclage en amont pour les territoires concernés», peut-on lire dans le courrier du 16 août.
 
CAP21 Oise reproche également à Symeo de ne pas présenter dans son projet de «débouché direct pour l’utilisation de la chaleur auprès de clients industriels ou vers un réseau de chaleur et ne valorise donc pas de manière satisfaisante la production énergétique, en contradiction avec les orientations du Grenelle».
 
Aux niveaux financier et sanitaire, les choses seraient également à revoir: le coût de traitement de l’incinération se situe aux alentours de 90/100 euros HT la tonne traitée, à laquelle il faut ajouter la TGAP (4 à 14 euros HT la tonne à partir de 2013 selon normalisation et performances environnementales). Ce qui est trop élevé pour les écologistes, qui rappellent en outre que les connaissances actuelles ne permettent pas d’affirmer l’absence totale de risques sanitaires pour les populations environnantes, même pour des quantités infimes de dioxines.
 
Enfin, les deux signataires de la lettre émettent des doutes sur le processus mécanique du projet, trop complexe pour un tonnage entrant faible (20.000 tonnes/an vers méthanisation). Ce qui renforce la crainte que les débouchés pour la valorisation des mâchefers et de l’énergie soient difficiles à trouver.
 
De son côté, le Syndicat Mixte Oise Verte Environnement (Symove) qui a conçu le projet insiste sur le fait que le projet répond bien aux exigences du Grenelle de l’environnement. En matière de sécurité, rien n’a été laissé au hasard: «les équipements d’épuration très performants mis en place sur l’unité de valorisation énergétique du centre Symeo permettent de garantir des taux de rejets atmosphériques équivalents ou en deçà des valeurs autorisées. En phase d’exploitation, Symeo s’engage à publier les mesures de rejets», précise le Symove. Un tel projet est nécessaire car d’ici 2014, il n’y aura plus d’installation locale adaptée pour traiter les déchets du territoire du syndicat.


[1] -15% de déchets enfouis/incinérés d’ici 2015 et – 24% d’ici 2023


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