Cantines scolaires: adieu la malbouffe

Le 05 octobre 2011 par Romain Loury
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Les cantines scolaires vont désormais être soumises à une obligation accrue de qualité nutritionnelle des repas, aussi bien en termes de quantité que de qualité, selon un décret et un arrêté parus dimanche 2 octobre au Journal officiel [1].
 
«Six millions d’enfants mangent à la cantine chaque jour mais un sur deux a encore faim en sortant. Les règles nutritionnelles ne sont ni appliquées, ni contrôlées», a constaté dimanche le ministre en charge de l’alimentation, Bruno Le Maire, dans une interview accordée au Journal du Dimanche.
 
Dans ses textes publiés dimanche, le ministère met particulièrement en avant les apports en fibres et vitamines, en calcium, en fer et oligoéléments, en matières grasses et en sucres simples. Exemple: sur un total de 20 repas, au moins 10 devront comporter des crudités de légumes ou des fruits frais, au moins 8 des fruits frais en dessert, au moins 10 des légumes cuits, au moins 10 des légumes secs, féculents ou céréales.
 
Quant aux matières grasses, elles ne devront pas être présentes dans plus de 4 entrées ou plus de 3 desserts, sur un total de 20 repas. «Le sel et les sauces (mayonnaise, vinaigrette, ketchup) ne sont pas en libre accès et sont servis en fonction des plats», ajoute le ministère.
 
Il propose par ailleurs un équilibre entre viande et poisson, qui devront chacun être présent dans au moins 4 repas. Et au maximum, 4 repas comportant une préparation ayant moins de 70% de viande ou de poisson: une manière de réduire la place de plats diététiquement incorrects comme les friands à la viande, qui continuent de hanter les cantines.
 
Au-delà de la qualité nutritionnelle, le ministère dresse un tableau des quantités à respecter pour chaque type d’aliment, selon un apport décliné en fonction du type d’établissement (maternelles, écoles primaires, collèges/lycées).
Ces mesures sont censées avoir pris effet lundi pour les cantines les plus importantes, celles servant en moyenne plus de 80 repas par jour. Les plus petites disposent d’un sursis d’un an, avec une entrée en vigueur prévue le 1er septembre 2012.
 
Interrogé par l’AFP, la Fédération des conseils des parents d’élèves (FCPE) s’est félicitée de ces textes «promis depuis un an», son président Jacques Hazan y voyant même une «victoire après tant d’années pour l’obtention d’une réglementation sur l’équilibre nutritionnel en restauration scolaire».
 
Ces mesures se fondent sur des recommandations publiées en mai 2007 par le Groupe d’étude des marchés restauration collective et nutrition (GEMRCN). Un document qui avait alors prédit «un surcoût immédiat des prestations, cependant sans commune mesure avec les bénéfices à atteindre en termes de meilleure santé publique et de réduction du coût de celle-ci».
 
[1] Ces textes, qui portent les numéros 29 et 34, peuvent être consultés sur l’édition du Journal officiel du dimanche 2 octobre.
 


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