Cancun : il en faut de l’optimisme !

Le 24 novembre 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Pendant que les négociateurs négocient, les émissions s'accroissent.
Pendant que les négociateurs négocient, les émissions s'accroissent.

Alors que s’ouvre, lundi, un nouveau round de négociations climatiques, les émissions de gaz à effet de serre ne baissent pas. Bien au contraire.

Mardi 23 novembre, l’équipe française des négociateurs Climat a fait montre d’un certain optimisme. Devant un parterre de journalistes spécialisés, Brice Lalonde a estimé qu’un accord pourrait être conclu, lors du sommet climatique qui s’ouvre lundi prochain à Cancun. « Nous pouvons obtenir un jeu de décisions portant sur des éléments provisoires et partiels. En attendant un accord plus complet qui pourrait être conclu lors de la réunion de Durban (COP 17-MOP 7) en 2011 », a indiqué l’ambassadeur en charge des négociations Climat.


Interrogé par le Journal de l’Environnement, Todd Stern est à peu près sur la même longueur d’onde. « Je ne crois pas que nous résoudrons tous les problèmes à Cancun. Mais je suis très optimiste quant à la possibilité de nous entendre sur un paquet de décisions. Il ne s’agira pas d’un traité mais d’avancées pragmatiques », explique l’envoyé spécial du président Obama sur les questions climatiques.


Politiquement, donc, la COP 17-MOP 7 se présente sous de bons augures. Climatiquement, en revanche, la situation s’avère plus désastreuse que jamais. Coup sur coup, trois études publiées ces dernières heures rappellent le caractère terriblement inconfortable de notre situation.


M algré la récession qui frappé les grandes économies et la crise qui en ralentit toujours certaines, les émissions de gaz à effet de serre ne cessent de progresser. Dans la dernière édition de Nature Geoscience, un collectif de climatologues rappelle que si les rejets carbonés mondiaux, imputables à la combustion des hydrocarbures et au secteur cimentier, ont diminué de 1,3 % entre 2009 et 2008, la suite devrait être nettement moins verte. Selon les calculs de l’équipe internationale, coordonnée par le Français Pierre Friedlingstein (université d’Exeter), au rythme actuel, les émissions anthropiques de CO 2 devraient progresser de 3 % en 2010.

 

Conséquence : la concentration de GES dans l’atmosphère explose. Publié mercredi, le Bulletin de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) sur les GES pour 2009, les principaux GES ont atteint leurs plus hauts niveaux jamais observés depuis l’époque préindustrielle. Le forçage radiatif total, induit par l’ensemble des GES, a augmenté de 27,5 % entre 1990 et 2009 et de 1 % entre 2008 et 2009, ce qui reflète l’accroissement des teneurs en dioxyde de carbone, en méthane et en oxyde nitreux de l’atmosphère. « Les concentrations de gaz à effet de serre ont atteint des niveaux records malgré le ralentissement de l’activité économique », se désole Michel Jarraud, secrétaire général de l’OMM.


L’avenir s’annonce-t-il meilleur ? Rien n’est moins sûr. Un volumineux rapport, publié mercredi par le Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue) fait le point sur les effets des engagements volontaires de réduction d’émissions pris par 85 pays à la suite de la conclusion de l’Accord de Copenhague, en décembre dernier.

 

Les conclusions sont inquiétantes. L’accord de Copenhague rappelle que la température globale moyenne ne devra pas s’élever de plus de2°C(par rapport à l’ère pré-industrielle), faute de quoi le climat mondial pourrait entrer dans une phase dangereuse. Pour s’y tenir, les émissions anthropiques mondiales de GES doivent atteindre un maximum de 44 milliards de tonnes (Gt) par an d’ici 10 ans, avant de décliner.


Actuellement, le Pnue estime à 48 milliards de tonnes nos rejets annuels de GES. Si les politiques « copenhaguiennes » sont suivies à la lettre, ces rejets attendront tout de même 49 Gt en 2020. Soit 5 Gt de trop. Cela étant, si nous ne faisons rien, l’atmosphère s’enrichira, chaque année de 56 Gt de GES. Plus que jamais, l’objectif des « 2°C » s’avère totalement hors de notre portée. Quoi qu’il se passe à Cancun.

 



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