Cancers pédiatriques: mystérieux cas dans l’Eure et en Loire-Atlantique

Le 11 octobre 2019 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
Igoville, vue du ciel.
Igoville, vue du ciel.
Géoportail

Des habitants de trois communes de l’Eure s’inquiètent d’un nombre élevé de cancers pédiatriques survenus au cours des 10 dernières années. Alertée, l’agence régionale de santé (ARS) de Normandie a saisi Santé publique France, qui a diligenté une étude sur le sujet. L’agence met en cause le radon dans le déclenchement d'une quinzaine de cas, dans la région de Nantes. 

 

Après les trois clusters d’enfants nés sans bras, et alors qu’une inquiétante série de cancers pédiatriques à Sainte-Pazanne (Loire-Atlantique) est en cours d’investigation (voir encadré), une autre affaire vient d’émerger, cette fois-ci dans trois communes mitoyennes de l’Eure: Pont-de-l’Arche, Igoville et Gouy, situées à environ 20 km au sud-est de Rouen.

Surtout des cancers sanguins

A l’origine de cette histoire, une enquête menée par une mère d’enfant malade, lors de ses séjours au service d’oncologie pédiatrique du CHU de Rouen. Bilan actuel: 10 cas survenus au cours des deux dernières années dans ces trois communes. Il s’agit pour la plupart de cancers hématologiques, affectant les cellules sanguines (dont des leucémies), mais pas seulement: un cas de neuroblastome a notamment été observé.

Alerté par les parents d’enfants malades, l’ARS de Normandie a saisi Santé publique France, organisme public chargé de la surveillance épidémiologique –et au centre de controverses quant à son travail mené sur les enfants sans bras. L’agence a aussitôt annoncé le lancement d’une enquête, dont les résultats sont attendus dans plusieurs mois –soit pas avant début 2020..

au-dessus de la moyenne

Dans un premier temps, il s’agira pour Santé publique France de définir si l’incidence est supérieure à celle attendue pour une population de cette taille. Quant aux possibles causes de ces cancers pédiatriques (pesticides, rejets industriels, pollution de l’eau, de l’air ou du sol), les parents eux-mêmes se montrent prudents.

A vue de nez, ce nombre de 10 cas, pour une population d’environ 6.800 habitants sur les trois communes, semble très au-dessus de la moyenne nationale. Selon l’Institut national du cancer (Inca), celle-ci serait de 152,8 nouveaux cas de cancers pédiatriques par an et par million d’enfants (moins de 15 ans) sur la période 2007-2011.

lignes électriques

A Sainte-Pazanne (6.700 habitants, à 28 km au sud-ouest de Nantes) et sur ses communes mitoyennes, Santé publique France recense 9 cas récents de cancer pédiatriques, dont six du sang, tandis que l’ONG «Stop aux cancers de nos enfants» en évoque 17. Parmi les causes suspectées, la présence d’un ancien site industriel à proximité de l’école où sont scolarisés des enfants, ainsi que le passage sous la cour de cinq lignes électriques, dont quatre à haute tension

Lors d’un comité de suivi organisé le 30 septembre, Santé publique France a révélé des résultats d’analyse (eau, air intérieur et extérieur, sol, champs électromagnétiques). Bilan: «ces mesures ne révèlent pas de conséquences avérées pour la santé des enfants et des personnels de l’école, au regard des valeurs de référence et en l’état actuel des connaissances».

L’agence évoque en revanche, dans l’école, des taux élevés de radon, gaz dont l’effet cancérigène n’est toutefois avéré que pour le poumon. Une nouvelle campagne de mesures sera menée à l’hiver dans l’école, ainsi qu’aux domiciles des enfants et sur plusieurs sites industriels voisins.



Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus