Cancers: le risque ultraviolet ignoré dans les avions de ligne

Le 19 décembre 2014 par Romain Loury
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54% des UVA traversent les hublots.
54% des UVA traversent les hublots.
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Le personnel navigant des avions, en particulier les pilotes, présente un risque accru de cancer de la peau. La faute pourrait en revenir aux ultraviolets de type A (UVA), très peu filtrés par les pare-brises, suggère une équipe californienne dans la revue JAMA Dermatology. Des révélations accueillies avec prudence, voire scepticisme, a constaté le JDLE vendredi 19 décembre.

Phénomène suspecté de longue date, le personnel navigant serait plus à risque de contracter un mélanome que la population générale. Selon une méta-analyse publiée en septembre par l’équipe de Martina Ortiz-Urda, dermatologue à l’université de Californie à San Francisco, ce risque serait multiplié par 2,22 chez les pilotes, par 2,09 chez les autres membres de l’équipe, dont les stewards et les hôtesses de l’air.

Intensité double

Excluant les rayonnements cosmiques, dont l’exposition est très surveillée dans cette profession, les chercheurs évoquaient alors la  piste des UVA, dont l’intensité à 9.000 mètres d’altitude serait le double de celle au sol. En cas de survol des nuages, le taux de réflexion atteindrait même jusqu’à 85%. Or si seuls 1% des ultraviolets de type B (UVB) passent à travers le plastique des hublots et des pare-brises, 54% des UVA les traversent.

Dans une nouvelle étude publiée par la même équipe, l’hypothèse UVA semble confortée. Selon des mesures d’UV effectuées lors d’un vol, 56 minutes en cabine à 30.000 pieds d’altitude (9.150 mètres) équivalent à 20 minutes d’une séance de cabine de bronzage. Or à la différence du rayonnement cosmique, ce risque ne fait l’objet d’aucun suivi médical spécifique, et suscite même du scepticisme.

Le risque au sol

Contactée par le JDLE, la Société française de médecine aérospatiale (Soframas) explique que «ces personnes sont souvent à l’étranger [du fait de leur métier], et sont plus souvent exposées au soleil». Aucun rapport donc, selon la Soframas, avec un risque à bord des appareils. De plus, la visite médicale annuelle permettrait un meilleur diagnostic de ces maladies, ce qui gonflerait les chiffres, ajoute-t-elle.

Risque inconnu et ignoré

Prudente, Air France estime que «ces travaux sont intéressants, mais qu’ils mériteraient d’être complétés par d’autres études». Que le surrisque de mélanome découle d’une exposition en vol ou au sol, «il y a une recommandation très forte, lors des visites médicales, pour se protéger, notamment par des crèmes solaires et des lunettes de soleil», ajoute toutefois la compagnie.

Pour le Syndicat national du personnel navigant commercial (SNPNC), le risque demeure totalement inconnu et ignoré de la profession. «Et avant d’obtenir quoi que ce soit, il va falloir s’agiter», regrette-t-il, s’indignant de l’hypothèse d’un risque au sol. Suite à l’étude publiée en septembre, le SNPNC compte intégrer le mélanome au dossier pénibilité de la profession.



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