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Cancers et environnement: forts soupçons sur les pesticides

Le 03 octobre 2008 par Sabine Casalonga
epandage
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Le rôle des pesticides est suspecté, bien que non avéré, dans la survenue de 8 types de cancer en augmentation depuis 25 ans, d’après les conclusions de l’expertise collective «cancer et environnement» de Inserm.

L’expertise collective de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), financée par l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (Afsset), est le fruit d’une analyse approfondie de plus de 1.800 articles scientifiques, réalisée par un collège d’experts issus de plusieurs disciplines (épidémiologie, toxicologie, clinique, médecine du travail, quantification des risques). Rendue publique jeudi 2 octobre (1), elle a estimé le lien entre les facteurs environnementaux et 9 types de cancer, sélectionnés lors du premier volet de l’expertise en 2006, en raison de l’augmentation de leur incidence depuis 25 ans: cancers du poumon, du sein, de la thyroïde, de l’ovaire, du testicule, de la prostate, mésothéliomes, tumeurs cérébrales et hémopathies malignes (leucémies, lymphomes).

Le nombre de cancers a augmenté en France de plus de 90% entre 1980 et 2005. En excluant la part due à l’évolution démographique (croissance et vieillissement), cette hausse d’incidence demeure forte: 40% en moyenne. «Le lymphome de Hodgkin en hausse de 6% par an est devenu le troisième cancer le plus fréquent chez les femmes», souligne Guy Launoy, directeur de l’unité Cancers et population de l’Inserm. Les facteurs environnementaux sont suspectés d’être à l’origine de cette hausse inexpliquée.

L’expertise de l’Inserm ne s’est pas limitée à l’évaluation des cancérogènes «avérés» à l’instar de l’étude de l’Académie de médecine menée en collaboration avec l’Inserm et le Centre international de recherche contre le cancer (Circ) (une émanation de l’OMS) en 2007 à l’origine d’une polémique, mais s’est également penchée sur les facteurs environnementaux «incertains».

D’après ce rapport, les pesticides représentent des facteurs environnementaux suspectés pour tous les cancers étudiés excepté le mésothéliome. D’après Jacqueline Clavel, chercheure en épidémiologie environnementale des cancers à l’Inserm, «un fort soupçon existe sur le rôle cancérogène des pesticides». Ces substances sont ainsi un des facteurs les plus suspectés dans la hausse des tumeurs cérébrales. Cependant, la scientifique rappelle que «malgré l’observation d’une fréquence accrue de plusieurs types de cancer (leucémies, lymphomes) dans les populations agricoles et chez les enfants associée à un usage des pesticides, le lien de cause à effet n’est pas encore avéré». Des études de causalité devront approfondir cette question afin d’écarter un autre facteur éventuel.

D’après l’Inserm, la plupart des études souffrent d’une forte imprécision sur l’exposition aux pesticides (types de substances et d’usage) et d’un manque de connaissances sur les risques liés à la contamination des milieux (alimentation, air, eau). L’expertise émet des recommandations visant à réduire l’exposition aux pesticides et à renforcer l’information auprès des utilisateurs ainsi que le suivi des populations exposées. Le Mouvement pour les droits et le respect des générations futures (MDRGF) regrette un rapport «prudent à l’extrême» et «le manque total d’ambition dans les recommandations qu’il préconise». Le MDRGF appelle le Parlement à soutenir les mesures de réduction de 50% de l’usage des pesticides d’ici 10 ans et la promotion de l’agriculture biologique lors du vote des lois Grenelle I et II cet automne.

Les autres facteurs environnementaux «suspects» pour ces 9 cancers incluent le radon, la pollution atmosphérique (particules fines), les radiofréquences, les fibres minérales artificielles de substitution à l’amiante, les radiations ionisantes, le tabagisme passif ainsi que d’autres polluants (dioxines, PCB, benzène).

Le rapport confirme par ailleurs le rôle avéré de plusieurs facteurs environnementaux en particulier l’amiante pour les cancers du poumon et du mésothéliome ou les radiations ionisantes pour les hémopathies malignes, le cancer du poumon, les tumeurs cérébrales, le cancer du sein et de la thyroïde.

Les experts de l’Inserm ont insisté sur l’importance de poursuivre les efforts de recherche pour améliorer les connaissances sur l’effet à long terme des faibles doses de polluants, en jeu notamment pour les dioxines et les rayonnements ionisants, ainsi que l’impact des «mélanges» de plusieurs facteurs ainsi que la susceptibilité individuelle face au risque.

A partir de cette expertise, l’Afsset publiera un avis assorti de recommandations à destination des décideurs et du public. «Nous prônerons la mise en œuvre de mesures de prévention même s’il demeure des incertitudes scientifiques», précise Henri Poinsignon, directeur général par intérim de l’Afsset. L’Afsset utilisera également ce rapport dans le cadre de sa contribution au plan national Santé-environnement (PNSE 2), au plan Cancer 2 et au plan Santé au travail 2.


(1) Cancer et environnement - expertise collective - Inserm, Afsset (octobre 2008)

9 réactions

DUDRET Emmanuel | 21/11/2008 - 10H09

A toutes fins utiles L'Afsset se réveille enfin sur les pesticides, après en avoir été longtemps sous ses émanations antérieures ou parentes l'un des protecteurs voire promoteurs (cf. "Pesticides : révélations sur un scandale français", Nicolino/Veillerette, Fayard, mars 2007). Pour info, il existe aux États-Unis depuis 2000 un site, [url]http://pesticideinfo.org[/url], qui recense les "phytosanitaires" et leur toxicité, environnementale et sanitaire. Un must-see à vous faire frémir...

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DUDRET Emmanuel | 21/11/2008 - 10H00

Panier de la ménagère pauvre N'en déplaise à Colin Jury, il suffit de "flâner" un peu dans une grande surface pour faire le constat quasi-systématique de l'invraisemblable proportion d'inutile et de superflu dans les caddies de consommateurs visiblement pas très aisés : viande "recomposée", chips, frites surgelées, bonbons, gâteaux et sucreries industriels, etc. Un peu d'huiles (végétale et de coude) et un kilo de de PdT bio et McCain est dans les choux niveau rentabilité. Idem pour les pâtisseries : vrac de farine bio, œufs de production 0 ou 1, sucre blond ou roux en vrac également, un peu d'énergie pour les préparation et cuisson, adieu Papy Brossard ! Un steak haché ? Du paleron de boeuf passé au hachoir est bien plus rentable que de la vache Charal ! Le problème réel à se poser quant aux ménages pauvres et à leur pouvoir d'achat relève davantage de l'éducation à une consommation rationnelle et au simple bon sens que de la promotion de l'agriculture intensive (désormais rebaptisée raisonnée pour d'évidentes raisons de marketing). Marketing dont on sait l'impact sur les moins éduqués... Œuvrons donc aussi de ce côté-là, en exigeant notamment que le BVRP fasse [enfin] son boulot.

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Denis OLLIVIER | 14/10/2008 - 09H25

une brêve qui oublie l'essentiel On communique beaucoup sur le risque pesticides, alors que le rapport de l'inserm n'en dit pas tant (cf mon autre commentaire). Par contre en lisant le rapport on y lit : " Plusieurs études ont montré une association entre les particules atmosphériques et le cancer du poumon." plus loin "Elles proviennent essentiellement du trafic automobile, du chauffage et des activités industrielles." Les chercheurs mettent en avant le commentaire suivant "Certains travaux ont estimé qu'environ 1 300 et 1 900 décès par cancer du poumon pourraient être évités chaque année dans 23 villes européennes si les niveaux moyens de PM2,5 étaient ramenés respectivement à 20 et à 15 μg/m3.". Il faudrait peut être culpabiliser l'ensemble des citoyens, ou au moins cette masse de citadins qui utilisent TROP SOUVENT leur VOITURE. Mais bien sûr il faut préserver notre industrie automobile nationale qui achoisit le moteur DIESEL!

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Denis OLLIVIER | 14/10/2008 - 09H15

lisez le communiqué de l'inserm c'est extraordinaire dans cette brève la place donnée aux pesticides, et donc dans l'échange ensuite. lisez bien le communiqué. il ne parle du risque des pesticides que pour les personnes utilisatrices : les agriculteurs ou les ménagères qui en fond un usage domestique. Oui on nous vend les pesticides comme des produits banaux, les utilisateurs ne se sont pas protégés pendat des décennies ... et aujourd'hui dans la population qui a utilisé sans protection on constate un taux de cancers sensiblement supérieur on peut donc légitimement soupçonner les pesticides. Les analyses avant l'autorisation administrative de mise en marché étaient sérieuses, et l'AMM imposait des recommadnations sur les précautions, car on savait que les risques par inhalation et transfert cutané étaient importants. Attaquons les vendeurs qui n'ont pas fait leur boulot de bien PREVENIR les utilisateurs. Mais ne faisons pas l'amalgame en disant que la nourriture est pleine de pesticides. L'arsenite de sodium, un cancérogêne avéré par inhalation, est un pesticide utilisé il y a encore 10 ans pour protégé la vigne par une application en hiver. OUI on constate des taux de cancers chez les vignerons qui en se ont pas protégés. par contre on ne trouve pas de trace dans le raisin que nous mangeons 10 mois après. OUI il faut peut-être se poser des questions sur le diffuseur d'insectides que l'on nous propose de brancher dans la chambre à coucher pour éviter les moustiques en été. LES PESTICIDES professionnels ou d'usage DOMESTIQUES sont DANGEREUX.

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jury colin | 10/10/2008 - 09H34

... Bonjour. Ok le rendement du bio est meilleur, mais la production par hectare reste plus faible. Mais je pense nous ne voyons pas le problème dans sa globalité. Pour moi la question est : pourquoi d'énorme quantité de nourriture, et donc de pesticides et fertilisants, sont-elles nécessaires? La réponse est: (1) pour satisfaire un mode de vie (trop de viande aux repas), (2) à cause du gaspillage de la nourriture (sur ce sujet je recommande le film "We feed the world") (3) pour nourrire 6 Milliard d'être humain. Pour ma part je vois deux domaines dans lesquels il serait possible d'influer et donc de réduire la demande en nourriture et permettre une agriculture demandant moins de rendement à l’hectare et donc avec peu de pesticides et de fertilisants. En revanche pour le troisième point je ne vois pas trop de solution. Pour ce qui est de la comparaison avec le café, je ne crois pas avoir jamais entendu que le café bon pour la santé, je pense même avoir plutôt entendu le contraire. De plus, boire du café est un choix pour les personnes. En revanche, pour les pauvres, (quoiqu'on en dise, la majorité de la population) acheter les produits les moins cher, du fait d'un meilleur rendement à l'hectare et donc qui sont bourrés de pesticides, n'est pas un choix, et c'est là une grosse différence.

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claude duport | 04/10/2008 - 14H32

Commentaire d'un commentaire Evidemment M. G. il est bien connu que les gens sniffent du sable ou de la sciure. Quand à la fabrication de dioxine par les feux de forêt, contre-feux lancé par les adeptes de l'incinération des déchets (l'ADEME le chiffre à 5°/° des émissions tous feux de bois confondus ), on peut toujour améliorer ce chiffre par une prévention efficace des incendies ainsi que par l'amélioration des chauffages aux bois, (reste bien sur l'épineux problème des barbecues dominicaux !!!). Aprés vient bien sur le café qui curieusement remplace le tabac dans l'argumentaire pour nous faire oublier les vrais responsabilités. Car il ne faut pas oublier que les hommes dans les cents dernières années ont plus dégradés la planéte que pendant les milliers d'années précédentes. Donc d'aprés vous tout va bien et contentons nous de mesurettes pour calmer les "angoisses des populations entretenues par ces fous idéologiques"

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claude duport | 04/10/2008 - 14H08

Rapport de l'Inserm 1 - Le risque de développer un cancer à cause de la polution environnementale est ENFIN reconnu. 2 - Mais les recommandations, à part pour les pesticides ou l'Inserm demande une réduction (timide) de l'exposition, se trouve résumé par: "donnez nous des moyens (beaucoup) pour nous permettre d'étudier les dégats", car bien sur il faut que nos scientifiques vérifient les résultats publiés dans d'autre pays, surtout s'ils sont désastreux pour les intérets de nos cher lobby.(ce principe à permis le scandale de l'amiante et du sang contaminé). 3- l'Inserm oublie le principe de précaution, et de plus culpabilise certains individus, ils sont trop sensibles à la polution et de plus leur problêmes viennent surement de leur mère.

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Lançon jacques | 03/10/2008 - 23H54

principe de précaution perverti Alors que le principe de précaution aurait dû depuis 30 ans minorer au maximum l'usage des pesticides et nitrate de synthèse, c'est leur restriction ou suppression qui fait l'objet de précaution ! Un comble ! Les rendements des cultures biologiques sont depuis longtemps prouvés supérieurs ; Le rendement étant entendu comme le rapport entre l'énergie injectée et l'énergie récoltée pour une culture. Par exemple une culture bio de blé ayant produit 50 quintaux par hectare possède un meilleur rendement qu'une culture conventionnelle de 100 q/h avec nitrate et pesticides de synthèse dont les épandages exigent de multiples passages d'engins dans le champ. Pourquoi alors a-t-on refusé d'apprendre systématiquement aux élèves des écoles agricoles les techniques bio depuis 20 ans ? Peu de pesticides, c'est moins de cancers ! Mais cette évidence semble être encore à prouver !

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FERNANDEZ jerome | 03/10/2008 - 13H55

Mais non...y a pas de soucis ! Mais non, c'est ni dangereux ni problematique ! ni pour les agriculteurs manipulateurs ni les consommateurs ... Ou en est on des abeilles aussi ? http://www.ecolo-trader.fr/Effondrement-des-colonies-d-abeille-un-reel-proble-vtptc-155.php Terrrrible pour un ex-BTS protection des cultures ! Nous jouons avec le feu et la sante ! il est temps que l'on interdise de facon concertee en Europe sur des produits reconnus mutagenes, cancerigenes...pour proteger notre alimentation ! :(

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