Cancer: un nouveau méfait des sucres ajoutés?

Le 04 décembre 2013 par Romain Loury
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Les boissons à sucres ajoutés cumulent les méfaits
Les boissons à sucres ajoutés cumulent les méfaits

Les boissons à sucres ajoutés pourraient favoriser le cancer du corps utérin, via le surpoids mais peut-être pas seulement, selon une étude américaine publiée dans la revue Cancer Epidemiology, Biomarkers & Prevention.

Quatrième cancer le plus fréquent chez la femme (derrière ceux du sein, du côlon-rectum et du poumon), le cancer du corps utérin, ou cancer de l’endomètre, est le 5e plus mortel. En France, son incidence semble relativement stable depuis 30 ans, tandis que sa mortalité tend à baisser, «probablement du fait de diagnostics plus précoces et d’une meilleure prise en charge chirurgicale, notamment des femmes les plus âgées», selon l’Institut national du cancer (Inca).

Forme la plus fréquente de ces cancers, ceux de type I sont directement liés à une surproduction d’œstrogènes, les hormones féminines. Ce qui explique qu’ils soient plus fréquents chez les femmes n’ayant pas eu d’enfant, ayant eu une ménopause tardive ou une puberté précoce. Mais aussi chez celles atteintes d’obésité ou de diabète: ces femmes présentent en effet un plus haut niveau d’œstrogènes et d’insuline, hormone elle-même liée au cancer de l’endomètre.

D’où l’idée que les produits eux-mêmes favorisant l’obésité et le diabète, tels que les boissons à sucres ajoutés, puissent à leur tour prédisposer au cancer du corps utérin. Du moins à ceux de type I, et à eux seuls, ceux de type II n’étant pas sous influence hormonale. Telle est l’hypothèse que les résultats de Maki Inoue-Choi, épidémiologiste à l’University of Minnesota (Minneapolis), et ses collègues semblent conforter.

Menée sur plus de 23.000 femmes ménopausées de la cohorte IWHS (Iowa Women’s Health Study), leur étude révèle que les 20% de femmes consommant le plus de boissons à sucres ajoutés (3,3 canettes/semaine en médiane) avaient 72% plus de risque de développer un cancer du corps utérin de type I que celles n’en buvant jamais. Les chercheurs n’ont en revanche trouvé aucun lien avec les cancers de type II.

 

Les sucres ajoutés, et rien d’autre

Rien de tel n’était observé avec les mêmes boissons sans sucres ajoutés («light»), confirmant l’importance de ceux-ci dans les cancers de type I. A l’inverse, chacun des sucres ajoutés (sucrose, glucose, fructose) était associé à un risque accru. L’obésité semblait en cause, mais pas seulement: l’association demeurait après prise en compte de l’indice de masse corporelle (IMC). Peut-être le fait d’une surproduction d’insuline, ou d’autres facteurs qu’il reste à déterminer, selon les chercheurs.

Quel que soit le mécanisme en cause, voilà qui dévoile un peu plus les dégâts engendrés par les boissons à sucres ajoutés sur la santé publique. «Un excès de sucres ajoutés fait gonfler l’apport calorique, et pourrait accroître le risque de plusieurs maladies chroniques, dont l’obésité, le diabète, les maladies cardiaques et le cancer», dont la hausse des dernières décennies a accompagné l’explosion du marché de ces boissons, commente Maki Inoue-Choi, citée par un communiqué de l’American Association for cancer Research (AACR).



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