Cancer: le thé vert protège les Chinoises

Le 07 novembre 2012 par Romain Loury
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Mieux vaut faire infuser des feuilles grillées.
Mieux vaut faire infuser des feuilles grillées.

La consommation de thé vert est liée à un moindre risque de cancers du système digestif, notamment les colorectaux et ceux touchant l’estomac ou l’œsophage, selon une étude sino-américaine publiée dans l’American Journal of Clinical Nutrition (AJCN). Boisson millénaire, le thé contient de nombreux polyphénols à l’action anti-oxydante, tels que les catéchines du thé vert, les théaflavines et les théarubigines du thé noir. Autant de substances qui pourraient prévenir les cancers digestifs par divers mécanismes: captage des radicaux libres, réduction de la prolifération tumorale, inhibition de l’angiogénèse [1] et induction de l’apoptose (mort cellulaire).

Malgré des résultats prometteurs chez l’animal, ceux obtenus chez l’homme sont variables d’une étude à l’autre: certaines montrent un bénéfice du thé, d’autres aucun effet. Or si les premières ont toutes été menées en Chine, les secondes sont en général japonaises. Une divergence qui pourrait être liée à la façon dont les feuilles de thé sont assouplies: grillées en Chine, à la vapeur au Japon.

Autre facteur de confusion: chez les hommes, la consommation de thé est corrélée à celle de tabac et d’alcool, deux facteurs de risque cancéreux. D’où l’idée de l’équipe de Wei Zheng, de la Vanderbilt University School of Medicine (Nashville, Tennessee), d’étudier l’effet du thé dans une cohorte de femmes chinoises, la SWHS (Shanghai Women’s Health Study), dont moins de 3% avaient déjà fumé ou souvent bu de l’alcool. Au terme de 11 ans de suivi des 69.310 participantes, le thé vert, le plus consommé dans la cohorte (93%), semble bien lié à une baisse du risque de cancers digestifs (-14%) chez les femmes en consommant régulièrement -au moins 3 tasses par semaine depuis plus de 6 mois. Plus marqué pour les cancers colorectaux, de l’œsophage et de l’estomac, cet effet augmente avec la quantité et l’ancienneté de la consommation: chez les femmes buvant régulièrement du thé depuis plus de 20 ans, il est diminué de 27% par rapport à celles n’en ayant jamais beaucoup bu.

«Ces résultats suggèrent qu’une exposition cumulée sur le long terme est particulièrement importante», estiment les chercheurs. Malgré la plausibilité des explications biologiques, les doutes ne sont pas complètement levés: les femmes buvant le plus de thé étaient aussi plus jeunes, faisaient plus d’exercice physique et mangeaient plus de fruits et légumes, autant de facteurs de confusion inhérents aux études épidémiologiques. S’ils les ont bien pris en compte dans leurs calculs, les chercheurs admettent qu’un effet résiduel a pu subsister.

[1] Phénomène crucial dans la cancérogénèse, l’angiogénèse, ou formation des vaisseaux sanguins, permet l’irrigation de la tumeur.



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