Cancer : le Tamoxifène court-circuité par le BPA et le parabène

Le 14 septembre 2011 par Geneviève De Lacour
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Selon un article publié mardi 13 septembre dans le San Francisco Chronicle, des chercheurs californiens ont mis en évidence un phénomène encore jamais observé. Le bisphénol A (BPA) et le méthyl parabène, deux perturbateurs endocriniens très présents dans les produits de grande consommation, pourraient interférer avec le traitement du cancer du sein. Cette étudeaméricaine a été publiée dans la revue médicale Carcinogenesis.

Les scientifiques du centre médical Pacifique de Californie à San Francisco ont prélevé des cellules non cancéreuses du sein de patientes dont le risque de développer un cancer du sein avait été estimé élevé. Ils ont ensuite multiplié ces cellules en laboratoire avant de les exposer au BPA et au méthyl parabène. Surprise: lesdites cellules ont commencé à se comporter comme des cellules cancéreuses.

Le Tamoxifène est un traitement du cancer du sein (hormonodépendant) qui agit en ralentissant la croissance des cellules à la fois cancéreuses et non cancéreuses, voire en les tuant. Mais en traitant les cellules «contaminées» avec du Tamoxifène, les scientifiques n’ont pu que constater l’inefficacité du traitement.

L’intérêt des scientifiques s’est donc porté sur les mécanismes en jeu. Et ils ont réussi à montrer que le BPA et le méthyl parabène peuvent déclencher la maladie puisque ces deux substances interfèrent directement avec le système hormonal ou endocrinien.

La plupart des cancers du sein sont hormono-sensibles et notamment aux œstrogènes. Or les traitements utilisés s’attaquent directement à ces hormones. Non seulement le BPA et le méthyl parabène imitent les capacités des hormones à agir sur le cancer, mais ces deux produits chimiques semblent être encore plus efficaces que les hormones naturelles dans leur capacité à court-circuiter les médicaments pour traiter le cancer.
 
«Peut-être existe-t-il d’autres mécanismes d’action en matière de toxicité que nous commençons tout juste à envisager», explique William Goodson, l’un des auteurs principaux de l’étude.
 
Les scientifiques s’interrogent de plus en plus sur les éventuelles causes environnementales du cancer du sein, dont le nombre de cas n’a cessé d’augmenter au cours des 30 dernières années. Etrangement, ils ont constaté que le nombre de ces cancers a tout autant augmenté chez les hommes que chez les femmes.
 
«Cette maladie touche principalement les femmes. Mais avec l’augmentation des cas chez les hommes, on se demande d’où viennent toutes ces hormones», s’interroge William Goodson.
 
Le scientifique avance une hypothèse: le BPA et le méthyl parabène sont difficiles à éviter parce que partout présents. On les retrouve même dans les poussières domestiques. «Ils sont tellement utilisés qu’en quelque sorte nous nageons dedans», complète-t-il.
 


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