Cancer: le lait pas encore blanchi

Le 09 mai 2012 par Romain Loury
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L'Anses va appronfondir l'étude des produits laitiers
L'Anses va appronfondir l'étude des produits laitiers

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) se montre rassurante sur l’éventuel risque de cancers liés aux facteurs de croissance dans les produits laitiers, mais propose d’approfondir la recherche à ce sujet, dans un avis et un rapport publiés le 4 mai.

A l’origine de ce rapport, une saisine en septembre 2009 de l’association de consommateurs Familles de France, qui s’inquiète de «la présence de facteurs de croissance cancérigènes dans les produits laitiers». Une crainte avivée par le fait que certains équivalents humains de ces facteurs sont ciblés par des médicaments anticancéreux.

Fruit d’une analyse bibliographique, les conclusions de l’Anses portent sur un seul facteur de croissance, l’IGF-1, le plus documenté. Une molécule dont de hauts taux sanguins ont été liés au risque de plusieurs cancers, à savoir ceux du sein, de la prostate et du colorectum.

Selon l’agence, le risque ne vient pas tant de sa présence dans le lait: «l’IGF-1 n’est plus détecté dans le lait après un traitement de type UHT». De plus, «on observe une réduction d’environ 80% de la teneur en IGF-1 au cours de la fermentation lactique (…), ce qui suggère une faible teneur en IGF-1 dans les laits fermentés et les fromages».

Reste donc le lait cru non transformé, qui ne constitue que 3% des ventes. Là aussi, les rares études, consistant à faire ingérer un litre de lait cru à des volontaires, sont plutôt rassurantes: «Elles ne mettent pas en évidence d’augmentation de la concentration sanguine d’IGF-1 attribuable à un apport exogène», indique l’Anses.

L’impact des produits laitiers pourrait être plutôt indirect, avec «une modulation de la synthèse endogène», à savoir une production d’IGF-1 en réponse à certains aliments. Quelques travaux ont ainsi suggéré une hausse de l’IGF-1 sanguin en cas d’apport protéique ou d’apport énergétique total élevés. D’autres ont suggéré une association entre consommation de lait et taux sanguin d’IGF-1, sans démontrer de lien de causalité.

Face à ces «incertitudes», l’Anses appelle à mieux comprendre les variations en IGF-1, qu’elles soient liées aux produits laitiers, aux apports protéique et énergétique, voire aux caractéristiques génétiques et à l’activité physique. Reste aussi à étudier d’autres facteurs de croissance, tels ceux de type EGF ou TGF-bêta.

S’il est défendu par les uns pour sa richesse en vitamine D et calcium, le lait est aussi très décrié par certains. Parmi eux, le président de Familles de France, le cancérologue montpelliérain Henri Joyeux, mais aussi l’ancien président de l’Institut national du cancer (Inca), David Khayat, qui appelle à une consommation modérée.

Auteur en 2008 du livre «Lait, mensonges et propagande», le journaliste Thierry Souccar va plus loin, affirmant que ce sont les intérêts économiques de l’industrie laitière qui ont guidé le plan national Nutrition-santé (PNNS), qui recommande trois à quatre produits laitiers par jour.



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