Cancer hormonodépendants: le vieillissement n’explique pas tout

Le 29 mai 2015 par Romain Loury
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+99% de cas de cancers du sein
+99% de cas de cancers du sein
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En 20 ans, le nombre de plusieurs cancers, notamment ceux de type hormonodépendant, a explosé dans le monde, révèle une étude internationale publiée jeudi 28 mai dans la revue Jama Oncology. Et pas seulement à cause du vieillissement, de la croissance démographique ou d’un meilleur dépistage, explications souvent avancées.

Les chiffres ont de quoi donner le vertige: entre 1990 et 2013, le nombre de cancers de la prostate a plus que triplé dans le monde (+217%), tandis que celui de cancer du sein a doublé (+99%). Si le phénomène n’est pas inconnu, il a souvent été expliqué par le vieillissement de la population, voire par une meilleure offre de dépistage. Ces facteurs jouent indéniablement un rôle, mais ils sont loin d’expliquer cette hausse à eux seuls.

Menée sur 188 pays et 28 types de cancers, l’étude publiée jeudi dans le Jama Oncology montre avec précision quelle est la part imputable à l’évolution démographique et celle liée à une réelle augmentation du risque cancéreux. Exemple pour le cancer de la prostate: parmi les 217% de cas supplémentaires entre 1990 et 2013, 35% s’expliquent par une croissance de la population, 41,5% par le vieillissement… et 140,9% par une hausse du risque!

Dans plusieurs pays développés, l’explication a souvent été la montée en puissance du dépistage, parfois excessive, chez des hommes âgés. Or la hausse du nombre de cas est encore plus marquée dans les pays en développement, où le dépistage du de ce cancer est quasi-absent: le nombre de cancers de la prostate y a augmenté de 361% depuis 1990, dont 265% hors vieillissement et croissance démographique.

+26% de risque de cancer du sein

Même phénomène pour le cancer du sein, avec une tendance moins marquée: sur les 99% d’augmentation entre 1990 et 2013 au niveau mondial, 26% ne s’expliquent pas par des changements démographiques.

De manière intrigante, ces deux cancers, parmi ceux dont le risque augmente indépendamment de l’évolution démographique, sont qualifiés d’hormonodépendants, et plusieurs études ont suggéré qu’ils étaient liés aux perturbateurs endocriniens. Ce qui pourrait expliquer pourquoi cette hausse est si marquée, alors que la plupart des autres cancers augmentent certes en nombre de cas, tandis que leur risque, pour un âge donné, tend à diminuer.

Plusieurs associations ont d’ailleurs tiré la sonnette d’alarme à ce sujet, jugeant les autorités sanitaires étrangement muettes à ce sujet. Parmi elles, le réseau HEAL avait estimé, en juin 2014, que le coût sanitaire des perturbateurs endocriniens, intégrant les cancers du sein, de la prostate et du testicule, s’élevait à 31 millions d’euros chaque année dans l’Union européenne. Rien qu’en France, pays comptant un nombre élevé de cancers du sein et de la prostate, la facture serait de 4,13 millions d’euros (voir le JDLE).

Rein, thyroïde, testicule en forte progression

Outre les cancers du sein et de la prostate, d’autres ont connu une forte hausse ces 25 dernières années, avec un risque augmentant indépendamment du vieillissement. Parmi eux, le lymphome non hodgkinien (40,6%), le cancer du rein (+37,1% hors facteurs démographiques), le cancer colorectal (15,7%), le cancer  de la thyroïde (+32,5%) et le cancer du testicule (+8,4%) –ces deux derniers sont aussi hormonodépendants.

La plupart des autres ont vu leur nombre de cas augmenter, mais uniquement du fait du vieillissement et de l’explosion démographique, tandis que leur risque diminuait. Seule la maladie de Hodgkin a connu un recul, avec 10% de cas en moins dans le monde depuis 1990. Toutes localisations confondues, le cancer était responsable de 15% des décès dans le monde en 2013, contre 12% en 1990. Il est devenu la deuxième cause de mortalité, derrière les maladies cardiovasculaires.



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