Cancer gastrique: Helicobacter fait de la discrimination

Le 22 janvier 2014 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Helicobacter poursuit-il l'oeuvre destructrice des colons en Colombie?
Helicobacter poursuit-il l'oeuvre destructrice des colons en Colombie?
DR

La bactérie Helicobacter pylori, responsable de cancers gastriques et d’ulcères de l’estomac, est plus ou moins virulente selon l’origine ethnique de la personne qu’elle infecte, selon une étude menée en Colombie.

Helicobacter pylori est présente dans l’estomac d’environ la moitié de la population mondiale. Si la bactérie n’entraîne le plus souvent qu’une inflammation gastrique, pouvant tout de même aller jusqu’à l’ulcère, elle engendre, dans moins de 1% des cas, un cancer de l’estomac. Sans que l’on sache pourquoi elle «décide» d’être plus ou moins virulente, bien que des facteurs alimentaires, tels qu’un excès de sel, soient suspectés (voir le JDSA).

Selon l’étude publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (Pnas) par Nuri Kodaman, du centre de recherche en génétique humaine de l’université Vanderbilt (Nashville, Tennessee), et ses collègues, la virulence de la bactérie serait en partie liée à des considérations d’origine géographique. En particulier à un phénomène de co-évolution entre son hôte, à savoir l’homme, et la souche d’Helicobacter qui y a élu domicile.

Les chercheurs ont étudié deux régions de Colombie, l’une côtière, l’une montagneuse. Dans l’une comme dans l’autre, près de 90% de la population est porteuse d’Helicobacter pylori; pourtant, le taux de cancer gastrique est 25 fois plus élevé dans la deuxième région que dans la première! Un modèle idéal pour déterminer les facteurs de virulence de la bactérie.

Différentes souches, différentes ethnies

Selon l’équipe, le phénomène s’expliquerait par une plus longue période de co-évolution entre l’hôte et son pathogène dans la région côtière: 58% des habitants sont d’origine ethnique africaine, de même que la principale souche d’Helicobacter identifiée. A l’inverse, les montagnards, d’origine amérindienne pour 67% d’entre eux, sont en premier lieu infectés par une souche d’origine européenne, arrivée en Amérique du Sud avec les colons espagnols.

Pour les chercheurs, «la colonisation historique des Amériques continue à influencer la santé des populations modernes». Comme si Helicobacter pylori prenait le relais d’autres germes, tels ceux de la variole et du typhus, qui ont aidé les conquistadors à s’imposer aussi rapidement dans le Nouveau monde…



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus