Cancer et environnement

Le 14 avril 2005 par Ludivine Hamy
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cancer
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A la demande de l’Agence française de sécurité sanitaire environnementale (Afsse), l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) vient de publier une première étude méthodologique sur les liens entre cancer et environnement.

La situation est plutôt préoccupante. Depuis le début des années 2000, les cancers constituent la première cause de mortalité pour la population masculine française, et la deuxième cause chez les femmes, après les maladies cardiovasculaires. Comme dans l'ensemble de l'Union européenne, le cancer du poumon chez l'homme et le cancer du sein chez la femme sont la cause de la majeure partie des décès par cancer.

S'il est généralement admis que l'exposition environnementale est impliquée dans l'origine de la majorité des cancers, l'estimation selon laquelle la moitié des cas de cancers pourrait être évitée en appliquant les connaissances étiologiques (1) existantes reste très débattue. Dans ce contexte, l'Inserm a commencé un travail de recensement des cancers qui présentent en France une augmentation de l'incidence et de la mortalité, cette double augmentation étant susceptible de traduire une augmentation du risque environnemental. Un groupe d'experts a également été constitué pour étudier le rôle des facteurs environnementaux dans l'apparition d'un cancer et mesurer le risque attribuable à chacun d'eux.

Pour l'heure, aucune conclusion n'a été dressée: seul le cadre méthodologique est fixé. Toutefois, les experts s'accordent pour dire que de nombreux facteurs sont susceptibles d'être à l'origine d'un cancer et qu'il reste encore beaucoup d'incertitudes sur la valeur du risque attribuable aux différents facteurs étiologiques: alimentation, exposition professionnelle, pollution… Ainsi, les comportements et le style de vie pourraient expliquer l'apparition d'une majorité de cancers.

Ces premiers travaux de recherche tendent donc à minimiser le rôle joué par les agents environnementaux, qu'ils soient ou non des facteurs d'exposition professionnelle. Comme le souligne Denis Bard, chercheur à l'Ecole nationale de santé publique de Rennes et membre du collectif d'expertise de l'Inserm, «tout dépend de ce que l'on entend par «environnement»: certains incluent l'alimentation dans les facteurs environnementaux, d'autres au contraire l'excluent.» Les chercheurs s'accordent toutefois pour distinguer trois types de facteurs environnementaux: l'environnement chimique comme les pesticides et la dioxine, l'environnement physique comme les rayonnements ionisants, les radiations UV, le radon, et enfin les infections virales ou bactériennes qui sont aussi à l'origine de plusieurs types de cancers. Ainsi, dès le XVIIIe siècle, la fréquence élevée des cancers du scrotum chez les ramoneurs a été associée à leur environnement professionnel. Et plus récemment, des études ont démontré la corrélation entre tabac et cancer broncho-pulmonaire, amiante et mésothéliome, rayonnement UV et mélanome, trichloréthylène et cancer du rein, etc.

Autre élément à prendre en compte: si le nombre de cancers augmente aujourd'hui, c'est aussi en grande partie grâce, ou à cause, des progrès du dépistage. «Il faut toutefois se méfier des excès du dépistage, prévient Denis Bard. Quand on fait l'autopsie d'un corps, on découvre très souvent des cancers qui ne se sont pas développés. Si l'on commence à vouloir détecter tous les cancers de la population, comme ce fut le cas pour le cancer de la thyroïde chez les enfants en PACA, il y a quelques années, on va trouver des cancers partout.»

(1) Sur les causes de maladies




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