Canada: les cervidés, nouvelles «vaches folles»?

Le 17 juillet 2017 par Romain Loury
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Le wapiti parmi les espèces touchées
Le wapiti parmi les espèces touchées

La crainte d’une nouvelle crise de la vache folle, cette fois-ci liée aux cervidés, refait surface au Canada. En cause, de récents travaux montrant la possible transmission au macaque du prion à l’origine de la «maladie débilitante chronique».

Longtemps, on l’a cru réservé aux seuls cervidés: la maladie débilitante chronique («chronic wasting disease» en anglais), spécifique aux cervidés, a été observée pour la première fois aux Etats-Unis dans les années 1960. Au Canada, sa présence a été détectée dans un élevage en 1996, puis à l’état sauvage en 2000. Elle est désormais présente dans 24 Etats américains et deux provinces canadiennes (Alberta, Saskatchewan).

Or cette maladie appartient à la famille des encéphalopathies spongiformes transmissibles (EST), au rang desquels la tremblante du mouton, la maladie de Creutzfeldt-Jakob chez l’homme et l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB, ou «maladie de la vache folle»). Cette dernière a été à l’origine d’une crise politico-agricole sans précédent au cours des années 1990, entraînant un embargo sur la viande de bœuf britannique en raison d’une crainte de transmission à l’homme du «prion», protéine «infectieuse» à l’origine de la maladie.

Première transmission à un primate

Aucune étude n’a pour l’instant révélé de lien entre la consommation d’un cervidé atteint de maladie débilitante chronique et la survenue d’une maladie de Creutzfeldt-Jakob chez l’homme. Si bien que cette maladie, qui se transmet d’un cervidé à l’autre via la salive et les excréments, a longtemps été considérée comme un problème exclusivement environnemental.

La donne pourrait changer avec l’étude menée à l’université de Calgary, présentée début juin au North American Deer Summit –rendez-vous annuel des chasseurs de cervidés. Des macaques, espèce proche de l’homme, ont été exposés au prion responsable du syndrome, soit par injection directe dans le cerveau, soit en les nourrissant avec de la viande contaminée. Trois des cinq macaques ont contracté la maladie plusieurs années plus tard.

Avertie de ces résultats, l’agence canadienne de santé publique, Health Canada, a publié fin avril une mise au point, s’en tenant à une approche de précaution: éviter de manger de la viande d’animal infecté ou retrouvé mort, et continuer à informer les populations les plus à même de consommer cette viande (dont les Amérindiens) dans les zones touchées par la maladie.

Des cervidés européens aussi touchés

La maladie débilitante chronique a pour la première fois été détectée en Europe au printemps 2016 chez un renne et un élan norvégiens, sans lien avéré avec l’épidémie sévissant en Amérique du Nord. Saisie par la Commission européenne, l’autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa), qui n’exclut pas l’existence d’un risque pour l’homme, a mis en place un plan de surveillance sur sept espèces de cervidés et dans huit pays -Estonie, Finlande, Islande, Lettonie, Lituanie, Norvège, Pologne et Suède.



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