Canada: les barrages empoisonnent les Inuits

Le 09 novembre 2016 par Romain Loury
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Le barrage de Muskrat Falls, opérationnel en 2017
Le barrage de Muskrat Falls, opérationnel en 2017

Au Canada, les barrages hydroélectriques accroissent la contamination environnementale en mercure, révèle une étude américaine publiée dans Environment Science & Technology. Un risque pour les communautés indigènes, surexposées à ce métal lourd puissamment neurotoxique.

Lors de la mise en fonctionnement d’un barrage, le mercure présent dans les sols se trouve solubilisé dans l’eau. Sous l’action des bactéries, il est converti en méthylmercure, forme organique qui s’accumule dans la chaîne alimentaire jusqu’à l’homme. Or cette substance est fortement toxique pour le cerveau des enfants à naître, avec un risque accru de troubles de déficit de l’attention/hyperactivité (TDAH), ainsi que pour les adultes, dont il favorise le risque cardiovasculaire.

Au Canada, où 59% de l’électricité est d’origine hydraulique, le sujet est particulièrement préoccupant pour la communauté amérindienne, dont une grande partie continue à se nourrir des produits de sa chasse et de sa pêche. Plusieurs études ont ainsi montré une contamination accrue chez les populations habitant à proximité d’un barrage.

Surcontamination des eaux en aval

L’équipe d’Elsie Sunderland, de la Harvard School of Public Health (Cambridge, Massachusetts), et ses collègues se sont intéressés au projet de barrage de Muskrat Falls (Labrador), qui devrait être mis en service en 2017.

Selon une modélisation mathématique, la mise en eau pourrait entraîner, dans les eaux en aval, une hausse d’un facteur 10 de la teneur en méthylmercure. Pour les espèces locales dont se nourrissent les Inuits, tels que poissons, oiseaux et phoques, la hausse serait comprise entre 1,3 et 10 fois.

Populations surexposées

Bilan, les trois communautés inuites évaluées devraient voir leur exposition moyenne au méthylmercure doubler suite à l’entrée en service du barrage de Muskrat Falls. Selon les chercheurs, 41% de ces personnes, et 28% des femmes en âge de procréer (donc autant d’enfants à naître), seraient exposées à un niveau de méthylmercure dépassant le seuil sanitaire de 0,05 µg par kg de poids corporel par jour.

Le cas de Muskrat Falls n’est pas isolé: il n’est que l’un des 21 projets de barrages prévus. Onze d’entre eux sont d’une taille au moins aussi importante que lui, ce qui laisse présager une production encore plus abondante de méthylmercure.



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