Canada: la bactérie qui fait peur

Le 18 juin 2014 par Romain Loury
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De la superbactérie dans le calmar
De la superbactérie dans le calmar
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Découverte inquiétante au Canada: une nouvelle superbactérie, isolée sur du calmar sud-coréen, présente un profil de résistance qui la rend insensible à quasiment tous les antibiotiques. Ce qui confirme l’arrivée de telles bactéries dans la chaîne alimentaire.

De l’espèce Pseudomonas fluorescens, parfois pathogène pour les personnes les plus faibles, cette bactérie a été retrouvée dans du calmar vendu dans une épicerie chinoise de Saskatoon (province de la Saskatchewan), dans le cadre d’un contrôle de routine. Bonne pioche: elle porte un gène codant pour la carbapénémase, révèlent Joseph Rubin, de l’université de la Saskatchewan, et ses collègues dans Emerging Infectious Diseases, la revue des Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC).

Non seulement cette enzyme confère une résistance à l’ensemble de la classe des carbapénèmes, antibiotiques utilisés en dernier recours, mais les bactéries qui la portent résistent en général à l’ensemble des antibiotiques. Jusqu’alors, de tels germes avaient surtout été identifiés dans un cadre hospitalier, et dans des zones à fort risque infectieux, en Afrique et en Asie.

Exemple très médiatisé, celui, à l’été 2010, de patients britanniques hospitalisés en Inde pour des opérations de chirurgie esthétique, infectés par des entérobactéries portant le gène NDM-1 (New Delhi métallo-bêtalactamase 1). Et début 2013, une première épidémie européenne, liée à la bactérie Acinetobacter baumannii porteuse de ce gène NDM-1, est survenue à l’hôpital Henri-Mondor de Créteil.

Chez des Français de retour de voyage

Du côté alimentaire, seules des Salmonella enterica du sérotype Kentucky produisant des carbapénémases ont déjà été décrites chez des Français de retour de voyages en Afrique ou au Moyen-Orient.

Celle décrite par Joseph Rubin constitue la première découverte d’un tel germe en Amérique du nord. La bactérie Pseudomonas fluorescens était porteuse du gène VIM-2, qui code pour une carbapénémase. Les bactéries productrices de carbapénémases semblent donc bien sortir du cadre étroit des hôpitaux de pays en développement, s’étendant à celui des aliments.

«La présence dans la chaîne alimentaire d’organismes produisant des carbapénémases est inquiétante. Bien que cet organisme [Pseudomonas fluorescens] soit probablement peu pathogène, (…) son potentiel de transfert de gènes à des bactéries à risque clinique constitue un motif de crainte», commentent les chercheurs.



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