Campylobacter: vers un vaccin du poulet

Le 04 avril 2012 par Romain Loury
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C'est parfois bon d'être un poulet.
C'est parfois bon d'être un poulet.

Une équipe de chercheurs de la Washington State University cherche à mettre au point chez le poulet un vaccin contre Campylobacter, infection alimentaire qui connait une forte recrudescence chez l’homme.

Dirigé contre la souche la plus fréquente (C. jejuni), ce vaccin sera testé «dans les 6 prochains mois» chez le poulet, principale source alimentaire de la maladie, a annoncé Michael Konkel, qui dirige ce projet au sein de l’université américaine, dans un communiqué.

Avant cela, son équipe avait identifié les anticorps que la poule transmet à son poussin, le protégeant de l’infection dans ses premiers jours de vie. Ce qui a permis l’identification des antigènes bactériens, ceux-là même que les chercheurs vont intégrer dans leur vaccin.

Appartenant à la flore commensale des poulets -mais aussi des bovins et des porcs-, Campylobacter est loin d’être une bactérie occasionnelle. Selon une étude menée en 2008 dans 58 abattoirs français, 77,2% des excréments et 87,5% des carcasses étaient infectés, la différence s’expliquant par une contamination lors de la manipulation de la viande.

En termes de santé humaine, l’enjeu est important, et même croissant. Selon le dernier rapport de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa), l’incidence était de 48,56 cas pour 100.000 personnes en 2010, un chiffre en hausse de 7% par rapport à 2009 [1].

La piste vaccinale n’est pas la seule à l’étude: en février, une équipe écossaise de l’Institut Roslin (université d’Edimbourg) a annoncé le lancement d’une étude génétique visant à identifier les gènes de résistance à la colonisation par Campylobacter. Objectif: créer par sélection une race de poulets réfractaires à la bactérie.

[1] La France a officiellement déclaré une incidence de 6,68 cas pour 100.000 personnes. Un chiffre probablement très en deçà de la réalité: selon l’Institut de veille sanitaire (InVS), il se situerait plutôt «entre 27 et 37 cas pour 100.000 habitants par an».



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