Campylobacter: le Royaume-Uni inquiet de ses poulets

Le 03 décembre 2014 par Romain Loury
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Asda, en tête des contaminations
Asda, en tête des contaminations
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Au Royaume-Uni, 70% des poulets vendus dans des supermarchés sont porteurs de la bactérie Campylobacter, selon des analyses rendues publiques fin novembre par la Food Standards Agency (FSA). Aucune chaîne de supermarché n’est épargnée.

 

Mi-juin, la FSA lançait sa Food Safety Week sur le thème de la campylobactériose, infection alimentaire très courante mais pourtant peu connue du grand public (voir le JDSA). Nul ne sait si l’opération a réussi à populariser la bactérie, responsable de diarrhées, de de fièvre et de douleurs abdominales, mais c’est désormais chose faite avec les résultats rendus publics le 27 novembre.

D’après cette analyse de la FSA, 70% des 1.995 poulets prélevés en supermarché sont positifs pour la bactérie, et 18% sont même au-delà du seuil admis de 1.000 unités formant colonie par gramme (UFC/g). Dans 6% des cas, ce taux était même dépassé sur l’emballage de la volaille!

«Ces résultats montrent que l’industrie agroalimentaire, en particulier le secteur de la distribution, a encore beaucoup de chemin afin de réduire le taux de Campylobacter sur ses poulets», commente Steve Wearne, directeur de la réglementation à la FSA.

Nul n’est épargné, comme le révèle l’analyse: si les supermarchés Tesco s’en sortent le mieux, c’est pour atteindre un piètre 64%. La palme revient à Asda, dont 78% des poulets sont contaminés. Les résultats sont similaires chez Waitrose (69%), Marks & Spencer (67%).

La colère des associations

Pour Richard Lloyd, directeur de l’association de consommateurs Which?, «les directeurs de chaînes de supermarchés devraient se frapper la tête de honte. Il est vital que l’industrie travaille à rétablir la confiance du consommateur. Non seulement elle doit publier des plans de réduction de ces taux, scandaleusement élevés, mais elle doit montrer que son action est réelle».

Reconnaissant «ne pas avoir trouvé le moyen de prévenir la présence de Campylobacter sur la volaille», le British Retail Consortium, qui regroupe les chaînes de supermarchés britanniques, fait une réponse qui laisse songeur. «Quelle que soit la solution, elle accroîtra sans doute le coût du poulet, mais la hausse devrait être faible. Les distributeurs, en lien avant leurs fournisseurs, feront tout pour que le consommateur n’ait pas à en payer le prix», déclare-t-il.

Pour la FSA, les campylobactérioses, maladies alimentaires d’origine bactérienne les plus fréquentes, feraient chaque année 280.000 victimes au Royaume-Uni. Il s’agit là de cas estimés, et non recensés: selon un rapport publié fin novembre par le Centre européen pour la prévention et le contrôle des maladies (ECDC), la campylobactériose a fait 218.210 cas confirmés dans l’Union européenne en 2012. En légère baisse depuis 2011, après plusieurs années de hausse.



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