Campylobacter, bientôt une star à Londres

Le 18 juin 2014 par Romain Loury
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Une pratique déconseillée par la FSA
Une pratique déconseillée par la FSA
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A l’occasion de la Food Safety Week britannique, la Food Standards Agency (FSA) lance une campagne grand public afin de mieux faire connaître la bactérie Campylobacter, dont quatre infections sur cinq sont liées à de la viande de poulet.

Au Royaume-Uni comme en Europe, les campylobactérioses constituent, et de loin, les plus fréquentes des infections alimentaires. Du moins en termes de cas rapportés aux autorités: 214.000 recensés par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) en 2012 -derniers chiffres disponibles. De quoi faire pâlir d’envie les salmonelles (91.034 cas), Escherichia coli (5.671 cas) et Listeria (1.642 cas).

Et pourtant, elles demeurent parmi les moins bien connues du grand public. Selon un sondage réalisé en avril par Harris Interactive auprès de 4.540 Britanniques, seuls 28% disent avoir déjà entendu parler de Campylobacter, alors qu’ils sont 92% à connaître les salmonelles, 90% les bactéries E. coli et 74% la Listeria. Et même 68% connaissent le botulisme, maladie pourtant très peu fréquente.

Réagir à son nom ne signifie pas pour autant en savoir long sur la bactérie: seuls 31% de ceux ayant eu vent de Campylobacter savent qu’elles sont avant tout le fait de la viande de poulet. Et dans l’ensemble, 44% des Britanniques reconnaissent systématiquement laver cette viande à l’eau avant de la cuire, pour en nettoyer les impuretés ou la débarrasser de ces germes. Une pratique très déconseillée, qui risque de répandre d’éventuels Campylobacter sur les mains, la cuisine et les vêtements.

La FSA contre le lavage du poulet

C’est d’ailleurs sur ce geste que la FSA compte mettre l’accent à l’occasion de la Semaine de la sécurité des aliments (Food Safety Week), qui a débuté lundi 16 juin au Royaume-Uni. Outre sa propre communication grand public axée sur cette bactérie et sur les moyens de l’éviter, l’agence y associe les grandes chaînes de supermarchés, qui se sont engagées à relayer le message dans leurs magasins et sur internet.

Pour la première fois en 2012, le nombre de cas de campylobactérioses rapportés à l’Efsa a baissé, de 4,3% par rapport à 2011. Depuis 2008, leur chiffre avait augmenté de 17,5%. Les salmonelloses poursuivent leur baisse, tandis que les listérioses et les infections par E. coli sont reparties à la hausse (voir le JDLE).

Nombre de cas rapportés ne signifie pas pour autant nombre de cas réels. Notamment en matière d’infections alimentaires, largement sous-rapportées. Contre 214.000 campylobactérioses recensées en 2012 par l’Efsa, la FSA estime ainsi à 280.000 le nombre de cas survenant chaque année au Royaume-Uni. Au-delà de ce problème de sous-notification, les campylobactérioses demeurent bien les infections les plus fréquentes dans le pays, affirme la FSA.



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