Campylobacter, aussi une question de flore intestinale

Le 05 novembre 2014 par Romain Loury
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Campylobacter, surtout dans la viande de volaille
Campylobacter, surtout dans la viande de volaille

Liée à un nombre croissant de maladies, la flore intestinale conditionne grandement le risque de contracter une infection alimentaire. Une étude publiée dans la revue mBio le confirme pour la campylobactériose, dont le principal facteur de risque est la viande de volaille.

La flore intestinale n’en finit pas de démontrer son importance pour la santé. Associée à l’obésité, au diabète, aux maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (Mici), à certains cancers, aux maladies auto-immunes, voire à des troubles psychiques [1], elle s’avère aussi un facteur-clé dans la susceptibilité d’un individu aux infections alimentaires.

L’équipe de Hilpi Rautelin, de l’université d’Uppsala (Suède), en fait la démonstration avec la campylobactériose, infection alimentaire bactérienne la plus fréquente. Selon leur nature et leur diversité, les bactéries intestinales protègent plus ou moins bien leur hôte contre l’arrivée d’un pathogène.

Les chercheurs ont analysé 24 travailleurs d’abattoir de volaille, à fort risque de contamination par Campylobacter, bactérie qui colonise les poulets sans les rendre malades. Ce personnel a été suivi tout au long de l’été, période la plus risquée, se faisant analyser la flore intestinale et dépister régulièrement pour la campylobactériose.

Selon une comparaison menée entre ceux qui étaient tombés malades et les autres, la flore intestinale influe fortement sur le risque de contamination. Chez les 7 malades, elle est particulièrement riche en bactéries du genre Bacteroides, Escherichia, Phascolarctobacterium et Streptococcus. Les 17 personnes épargnées présentaient en revanche plus de Clostridiales, de Lachnospiraceae et d’Anaerovorax.

Après 5 mois de surveillance, les malades avaient une flore intestinale très différente de celle de départ, tandis qu’elle avait peu changé chez les non-malades. Selon les chercheurs, «la présence de Campylobacter altère le microbiote intestinal à long terme». Des changements qui pourraient être dus soit à une compétition entre bactéries, soit à une réponse immunitaire de l’organisme.

 

[1]Selon une étude belge publiée lundi 3 novembre dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (Pnas), la flore intestinale serait même liée à l’alcoolisme! Certains patients souffrant de cette addiction présenteraient en effet une plus grande perméabilité intestinale, elle-même liée à une modification de la flore.



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