Californie: record millénaire pour la sécheresse

Le 09 décembre 2014 par Romain Loury
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Un chêne de Douglas
Un chêne de Douglas
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La sécheresse californienne est la plus intense jamais observée depuis 12 siècles, révèle une étude publiée dans les Geophysical Research Letters. Le débat scientifique n’est demeure pas moins ouvert quant à ses causes, réchauffement climatique d’origine humaine ou variabilité naturelle.

La Californie voit-elle le bout du tunnel? Depuis début décembre, la sécheresse qui la frappe depuis 2012 semble marquer une pause, avec de fortes pluies s’abattant enfin sur son sol (voir le JDLE). D’ici début 2015, l’Etat attend même des précipitations supérieures à la normale. Et si ses nappes phréatiques sont encore très basses, elles semblent repartir à la hausse.

D’ores et déjà, cet épisode climatique semble sans précédent, comme le révèle l’étude publiée par Daniel Griffin et Kevin Anchukaitis, géographes à la Woods Hole Oceanographic Institution de Cape Cod (Massachusetts). Selon eux, cette sécheresse serait même la plus forte depuis au moins 1.200 ans.

Les chercheurs ont analysé des carottes prélevées sur des chênes bleus (ou chênes de Douglas, Quercus douglasii) en quatre sites différents au sud et au centre de la Californie. Les comparant à des relevés existants, ils ont mesuré la largeur des cernes, réduite en cas d’année sèche du fait d’une moindre croissance de l’arbre.

Selon eux, il y a eu 37 épisodes similaires d’au moins 3 années consécutives, mais celui-ci est le plus intense, aussi bien par la faiblesse des précipitations que par la température élevée. Prise individuellement, 2014 restera comme l’une des années les plus sèches depuis 12 siècles, au même titre que 1580, 1782, 1829 et 1841.

«Nous avons été très surpris par ces résultats», explique David Griffin dans un communiqué. «Nous sommes en Californie, la sécheresse est une chose qui arrive. Mais jusqu’à présent, le résultat le plus courant lors de ces études menées sur des cernes d’arbres était que les sécheresses du passé étaient plus extrêmes que les actuelles. Cette fois, le résultat est clairement différent», note le chercheur.

Pour la NOAA, une simple variabilité naturelle

Pour son collègue Kevin Anchukaitis, «il n’y a aucun doute, nous entrons dans une ère où les changements liés à l’activité humaine vont déterminer la sévérité des épisodes de sécheresse et leurs conséquences aussi bien pour nous que pour l’environnement».

Dans un rapport publié lundi 8 décembre, la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) considère au contraire que cette sécheresse n’est que le produit d’une variabilité naturelle. Le Ridiculously Resilient Ridge (Triple R), phénomène de haute pression atmosphérique sur le nord-est du Pacifique déviant les précipitations vers le nord, est «presque à l’opposé de ce que les modèles prévoient d’un changement climatique lié à l’activité humaine», jugent ses experts.

La question est controversée: fin septembre, d’autres météorologues expliquaient que le Triple R était certes un phénomène naturel, mais qu’il avait au moins 3 fois plus de risques de survenir avec le réchauffement. A l’inverse de la polémique scientifique, le «Triple R» s’est dissipé fin novembre.



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