Californie: après la sécheresse, un «Big One»?

Le 16 mai 2014 par Romain Loury
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La faille de San Andreas, rendue instable par le pompage
La faille de San Andreas, rendue instable par le pompage
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L’épuisement des eaux souterraines par pompage pourrait favoriser le risque sismique en Californie, selon une étude publiée dans la revue Nature. Une nouvelle plutôt inquiétante alors que l’Etat endure actuellement l’une des plus grandes sécheresses de l’histoire américaine.

La Californie traverse sa troisième année consécutive de grande sécheresse. Selon un bulletin publié jeudi 15 mai par l’US Drought Monitor, l’ensemble du Golden State se situe aux trois niveaux les plus élevés de sécheresse -sévère, extrême, exceptionnelle-, une première depuis que ce système de surveillance a été mis en place, en 2000.

Fin avril, le gouverneur Jerry Brown a dû décréter l’état d’urgence, demandant aux habitants de réduire leur consommation d’eau de 20%. Autre conséquence, des milliers de personnes ont dû être évacuées depuis jeudi, en raison d’incendies qui sévissent dans le sud de l’Etat.

Exceptionnelle, cette sécheresse pourrait devenir la norme

Avec le changement climatique, ce genre de situation pourrait fort bien devenir la norme. Et ce au risque de favoriser un autre fléau californien, le risque sismique. C’est ce que révèle l’étude publiée dans Nature par Colin Amos, géologue à la Western Washington University (Bellingham, Etat de Washington), et ses collègues.

Menée à l’aide de relevés GPS effectués autour de la vallée de San Joaquin, qui constitue la partie sud de la vallée centrale de Californie, elle suggère que le pompage des eaux, principalement pour des besoins agricoles, accroît les contraintes sur la lithosphère, cette zone constituée de la croûte terrestre et d’une partie du manteau.

Il faut dire qu’en matière de pompage, les Californiens n’y sont pas allés de main morte: en 150 ans, les nappes phréatiques de la vallée centrale ont été vidées de 160 kilomètres cubes d’eau! A cause de cet assèchement souterrain, la vallée de San Joaquin s'est affaissée, au point d'avoir perdu jusqu’à 5,50 mètres en certains endroits.

Baisse de la vallée, élévation de la Sierra Nevada

Ce que les chercheurs révèlent, c’est que cette même extraction d’eau entraîne une élévation de 1 à 3 mm par an dans les zones voisines -dont la Sierra Nevada à l’est. Une hausse que l’on croyait alors le fait de phénomènes géologiques, mais qui résulte directement de l’affaissement de la vallée –du fait de l’élasticité de la lithosphère-, lui-même lié au niveau des nappes phréatiques.

Selon ces travaux, deux phénomènes sont à l’œuvre. Le premier, de type saisonnier, est lié aux précipitations: il permet d’expliquer pourquoi les micro-tremblements de terre sont plus fréquents à la saison sèche. Quant au second, il résulte de l’assèchement progressif des nappes, lié à leur exploitation par l’homme.

S’il est moins sensible à court terme, ce dernier phénomène s’avère plus important que le premier à l’échelle d’une centaine d’années. Selon les chercheurs, il pourrait même être à l’origine d’un important tremblement de terre, d’autant que la faille de San Andreas, à la jonction entre les plaques tectoniques du Pacifique et de l’Amérique, n’est pas loin.

Cette étude est la première à montrer l’effet du pompage des nappes phréatiques sur le risque sismique. L’idée que l’activité humaine puisse déclencher des tremblements de terre n’est toutefois pas nouvelle: elle constitue justement l’un des arguments contre l’exploitation des gaz de schiste… notamment en Californie.



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