Cajoler les professionnels des énergies renouvelables

Le 06 février 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Laurent Fabius : Adopter au plus tôt le PEC 2030.
Laurent Fabius : Adopter au plus tôt le PEC 2030.
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Les représentants de la majorité présidentielle sont venus en force au colloque annuel du Syndicat des énergies renouvelables. Leur mission: délivrer une bonne dose de calinothérapie à des professionnels inquiets de l’insécurité juridique de leur secteur.

Comme chaque année, le Syndicat des énergies renouvelables (SER) a réuni du beau monde pour son colloque annuel. Organisé ce 6 février dans la maison parisienne de l’Unesco, le raout annuel du SER a été ouvert par 4 ministres, dont le titulaire du portefeuille britannique de l’énergie et du climat, Ed Davey.

Les professionnels de l’éolien, du photovoltaïque ou de la biomasse, inquiets, en auront été pour leurs frais. Ou presque. Car, au moment où le gouvernement organise des concertations sur le projet de loi sur la transition énergétique ou sur l’autoconsommation, il n’avait guère de marge pour les annonces.

Mieux doter le fonds Chaleur

Seul ministre français à lire son discours, Philippe Martin (écologie) a juste annoncé le lancement, pour le mois de mars, du prochain appel d’offres portant sur les grandes installations photovoltaïques (dit CRE 3). Le locataire de l’hôtel de Roquelaure a indiqué vouloir aussi accroître, pour les trois prochaines années, la dotation du fonds Chaleur, géré par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). Ce fonds a été doté de 1,4 milliard d’euros entre 2009 et 2014.

L’ancien président du conseil général du Gers s'est aussi dit «confiant» quant à l'issue du processus de «notification» du tarif régulé d'achat de l'électricité produite par les éoliennes en France. Cette notification à Bruxelles vise à sécuriser juridiquement ce tarif, menacé d'annulation depuis que la justice européenne l'a considéré comme une aide d'état.

«C’est vrai que le discours du ministre de l’écologie manquait un peu de concret», commente Jean-Louis Bal, président du SER. «Voilà trois ans que le nombre d’éolienne mises en service diminue, nous attendons le prochain arrêté sur les tarifs éoliens, nous souhaitons le doublement du montant du fonds Chaleur et la réduction à 18 mois de l’expérimentation du permis unique», complète Jean-Baptiste Séjourné (GDF Suez), président de la commission éolienne du SER.

L’impatience des députés

Le compte n’y était donc pas. D’où, peut-être, la tonalité des discours prononcés par les représentants de la majorité présidentielle. Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale, a dit avec conviction l’impatience des députés à participer à la transition énergétique. «Nous devons réformer notre cadre législatif. Nous devons engager la simplification des normes pour éviter les procédures absurdes et les injonctions contradictoires. Les acteurs des énergies renouvelables que vous êtes attendez avec impatience la publication de la loi sur la transition énergétique, en espérant qu’elle offrira les gages suffisants pour offrir aux entreprises la visibilité qu’elles attendent pour garantir leur développement. Eh bien, je peux vous garantir que les parlementaires sont très motivés également.»

Valider le PEC 2030

Venu en voisin, Laurent Fabius a évidemment joué une partition plus internationale. Le ministre des affaires étrangères a redit son engagement pour la réussite du sommet climatique qui se tiendra au Bourget fin 2015. L’ancien Premier ministre a également appelé les 28 chefs d’état et de gouvernement de l’Union européenne à valider la proposition de paquet Energie Climat 2030 (PEC 2030) le plus tôt possible: «Si nous voulons que l’UE ait son mot à dire dans la négociation, il faut adopter la proposition Barroso en 2014».

Pascal Canfin est allé un peu plus loin. Le ministre écologiste du développement a appelé l’Allemagne à soutenir la France dans sa volonté de renforcer la partie «renouvelable» du PEC 2030: «Nous n’avons rien à gagner à ne pas avoir d’objectifs contraignants nationaux en matière d’énergie renouvelable», a précisé l’ancien journaliste.

 
Entre deux tables rondes, le SER a présenté l’édition 2013 du Panorama des énergies renouvelables électriques. Réalisée en partenariat avec RTE, l’Association des distributeurs d'électricité en France (Adeef) et ERDF, cette brochure présente une succession de statistiques sur les activités éoliennes et photovoltaïques (PV). Peu de nouveauté: un parc éolien de 8.143 mégawatts au 31 décembre 2013; une production éolienne annuelle de 15,9 térawattheures. Le parc PV affiche une puissance de 4.330 MWc et a produit l’an passé 4,6 TWh. Une surprise vient pourtant de la mer. Le document indique en effet que 4.153 MW de capacités éoliennes marines attendent d’être raccordées au réseau. Or les deux premiers appels d’offres n’ont porté que sur une puissance de 3.000 MW. Confidence de Dominique Maillard, patron de RTE: «Il pourrait y avoir des champs d’éoliennes offshore hors appels d’offres».


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