Cadmium: les enfants européens au-dessus de la VTR

Le 25 janvier 2012 par Romain Loury
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Les enfants sont particulièrement à risque de dépasser la valeur toxicologique de référence (VTR) du cadmium, selon un rapport publié par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa).
 
Première source de cet élément chimique, les boues d’épuration qui, une fois épandues sur les terrains agricoles, introduisent le métal lourd dans la chaîne alimentaire. Si les risques pour la santé sont multiples (cancers, déminéralisation osseuse, etc.), c’est surtout au niveau du rein qu’ils se posent: le cadmium se fixe très fortement à cet organe, dont il altère le fonctionnement jusqu’à l’insuffisance rénale.
 
Or une grande partie de la population européenne pourrait y être surexposée, selon un nouveau rapport de l’Efsa.
 
Portant sur 22 Etats membres de l’Union européenne, cette analyse repose principalement (dans l’ordre décroissant) sur des données de Slovaquie, d’Allemagne, de France, de Roumanie, d’Espagne et du Danemark.
 
Dans son ensemble, la population européenne ingérerait chaque semaine 2,04 microgrammes par kilogramme de poids corporel (µg/kg) de cadmium. Un chiffre légèrement en dessous de la dose hebdomadaire admissible (fixée à 2,5 µg/kg par l’Efsa), préoccupant en ce qu’il ne constitue qu’une moyenne, le 95e centile [1] étant de 3,66 µg/kg.
 
Outre une importante minorité d’adultes, la limite de 2,5 µg/kg semble largement dépassée par les jeunes enfants, dont la dose hebdomadaire de cadmium est estimée à 4,66 µg/kg! Chez les personnes âgées, elle n’atteint que 1,56 µg/kg.
«Bien qu’il soit peu probable que des effets indésirables se produisent aux expositions alimentaires actuelles, cette marge de sécurité limitée doit conduire à diminuer l’exposition au cadmium au niveau de la population», commentent les auteurs du rapport.
 
Autre enseignement de l’étude, ce ne sont pas les aliments les plus imprégnés de cadmium (algues, crustacés, chocolat amer, champignons, etc.) qui posent le plus grand danger, mais ceux qui sont les plus consommés. Au premier rang, les céréales et produits à base de céréales comme le pain, mais aussi les légumes, les racines et tuberculose à amidon. Parmi ces derniers, les pommes de terre constituent 13,2% de notre apport en cadmium.
 
Dans son étude EAT2 publiée en juin 2011 sur l’exposition alimentaire des Français aux substances chimiques, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) estimait que 0,6% des adultes et 14,9% des enfants dépassaient la VTR de l’Efsa.
 
Point inquiétant, l’Anses révélait une augmentation de 400% de l’exposition par rapport à la première étude EAT, publiée en 2004, alors que d’autres éléments chimiques (plomb, arsenic, mercure) ont enregistré une baisse sur la même période.
 
[1] Le 95e centile est un indice statistique au dessous duquel on trouve 95% des valeurs, les 5% restants se situant au-dessus.


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