Cadmium : des effets bien visibles, malgré la baisse

Le 11 avril 2012 par Romain Loury
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La fumée de cigarette est la principale source d'intoxication au cadmium.
La fumée de cigarette est la principale source d'intoxication au cadmium.

Les effets sanitaires du cadmium continuent à se faire sentir aux Etats-Unis, malgré une exposition en baisse depuis les années 1980, montre une étude américaine publiée dans la revue Environmental Health Perspectives.

Présent dans la fumée de tabac et dans l’alimentation, via les boues d’épandage utilisées comme engrais, ce contaminant chimique, qui se fixe fortement au rein, est réputé pour ses effets cancéreux et cardiovasculaires. Avec le recul du tabagisme, les Américains y seraient moins exposés qu’il y a 30 ans [1].

Mais même à de moindres niveaux de cadmium, ses effets toxiques persistent, montre l’équipe d’Eliseo Guallar, de l’université Johns Hopkins de Baltimore (Maryland). Selon leur analyse de 14.213 personnes de la cohorte nationale NHANES (National Health And Nutrition Examination Survey, 1999-2004), 8,8% des décès totaux -9,2% de ceux d’origine cardiovasculaire- peuvent lui être attribués chez les personnes les plus imprégnées, celles dont le taux urinaire dépasse 0,57 µg/g.

«Bien que l’exposition au cadmium ait considérablement diminué en quelques décennies aux Etats-Unis, les autorités publiques doivent certes poursuivre leurs efforts dans la lutte anti-tabac, mais doivent aussi parvenir à réduire le taux de cadmium dans l’air, dans le sol et dans l’alimentation (…)», commentent les chercheurs.

Si la fumée de tabac, principale source de cadmium, suffit à expliquer la baisse générale, l’origine alimentaire est quant à elle en forte hausse, du moins en France: selon l’étude EAT2, ce type d’exposition y a augmenté de 400% sur la dernière décennie. Une situation particulièrement critique pour les enfants, dont 14,9% dépasseraient la valeur toxicologique de référence (VTR).

[1] Selon une étude de 2011, l’exposition moyenne des Américains a diminué d’environ un tiers depuis la fin des années 1980, passant d’un taux urinaire de 0,36 microgramme/gramme de créatinine (µg/g) en 1988-1994 à 0,26 µg/g en 2003-2008.



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