Cadarache épinglé par l’ASN

Le 12 janvier 2007 par Enerpresse
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L'Autorité de sûreté nucléaire a annoncé, mardi 9 janvier, avoir classé en niveau 2 l'incident survenu en novembre sur une installation du Commissariat à l'énergie atomique à Cadarache (Bouches-du-Rhône), après avoir relevé «des lacunes importantes dans la culture de sûreté de l'exploitant.»

En annonçant cet incident, le CEA l'avait initialement évalué en niveau 1 sur l'échelle Ines de gravité des incidents nucléaires qui en compte 7. «L'ASN considère que l'accumulation d'erreurs humaines et les défaillances constatées dans les processus d'assurance de la qualité mettent en évidence des lacunes importantes dans la culture de sûreté de l'exploitant. Ces facteurs aggravants ont conduit l'ASN à classer cet incident au niveau 2 de l'échelle Ines», a précisé cette dernière dans un communiqué.

L'ASN explique que, le 6 novembre, lors d'une opération de broyage des rebuts de fabrication de combustible MOX de l'installation, un broyeur de l'atelier de technologie du plutonium (ATPu) a été chargé deux fois, dépassant ainsi la masse maximale fixée pour cet appareil. La masse chargée dans le broyeur est toutefois restée très en deçà du seuil nécessaire pour qu'une réaction nucléaire en chaîne s'enclenche.

La sévérité de la réaction de l'ASN est la conséquence de l'enquête qu'elle a mené sur le site. Elle y a découvert qu'en raison de la panne d'une balance survenue en mars 2006, l'équipe en charge du broyeur avait mis en place son propre processus «en dehors de toute procédure ou de consigne formalisée». Pour l'ASN, l'incident traduit, «d'une part, un manque de culture de sûreté chez les opérateurs et, d'autre part, un non-respect des procédures d'exploitation, ainsi que des dysfonctionnements dans la gestion des matières nucléaires, dans la traçabilité des changements d'équipe et dans la transmission des consignes».

L'ASN a donc demandé au CEA «des mesures correctives afin d'empêcher le renouvellement d'un tel incident». Après avoir «pris acte» de la décision de l'autorité de sûreté, le directeur adjoint de Cadarache, Maurice Haessler a rappelé que «l'incident n'avait eu aucune conséquence sur le personnel et l'environnement et que, compte tenu des marges (de sécurité), il ne pouvait pas y en avoir. Les dysfonctionnements identifiés ont fait l'objet d'un traitement immédiat et le travail sur ce broyeur, suspendu depuis le mois de novembre, ne reprendra qu'après vérification précise que toutes les corrections ont été apportées».

Le dernier incident de niveau 2 en France remonte à décembre 2005, lorsque l'autorité de sûreté avait dénoncé un problème générique sur des pompes des centrales de 900 mégawatts (MW) exploitées par EDF.




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