Cacao, violences et corruption ont détruit les forêts ivoiriennes

Le 23 septembre 2016 par Stéphanie Senet
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La superficie de la forêt a chuté de 80% en un siècle
La superficie de la forêt a chuté de 80% en un siècle

L’exploitation illégale et les plantations de cacao ont largement dégradé les forêts de Côte d’Ivoire, selon la Société nationale de développement des forêts (Sodefor).

 

«Sur les 234 forêts représentant 4,2 millions d’hectares en 1960, seulement 1,3 Mha ne sont pas dégradés», déplore Mamadou Sangaré, directeur général de Sodefor. Ce qui confirme l’estimation faite en 2015 par le Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue) dans son rapport d’évaluation environnementale post-conflit de la Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao.

 

Des amendes à la contractualisation

La Sodefor, qui célèbre cette année son 50e anniversaire, a annoncé le 22 septembre, lors d’une conférence de presse à Abidjan, vouloir lutter contre la déforestation. Depuis la réforme du Code forestier de 2014, créer des logements, défricher ou cultiver des terres dans les forêts classées sans autorisation préalable est passible d’une peine allant de 4 mois à 3 ans de prison et d’une amende de 370 à 7.450 euros. «Les opérations coup de poing menées par les forces de l’ordre ayant montré leurs limites, la société de protection des forêts a mis en place un système de contractualisation, visant à passer un accord avec le clandestin pour qu’il exploite sa parcelle et la protège tout en vivant hors de la forêt», explique Mamadou Sangaré.

 

Corruption et crise politico-militaire

Soupçonnée de corruption à grande échelle, la Sodefor, société publique qui relève du ministère des eaux et forêts, affirme avoir reboisé 210.000 ha de forêts depuis 1966. «Le bilan est toutefois mitigé. Nous avons perdu la quasi-totalité de nos acquis en raison de la crise politico-militaire qui a secoué le pays et l’a divisé en deux», ajoute le directeur général de la Sodefor. Entre 2002 et 2011, 113 forêts représentant plus de 2 Mha ont été pillées par une exploitation anarchique alors qu’elles étaient dans la zone contrôlée par la rébellion.

 

Une forêt réduite à 12% du territoire

Selon le gouvernement ivoirien, la superficie des forêts a chuté de 80%, passant de 16 Mha en 1900, à 4 Mha en 2000. En juin dernier, Human Rights Watch avait alerté l’opinion sur les expulsions arbitraires, suivies de violences et d’extorsions, menées par la Sodefor, en particulier à l’encontre des producteurs de cacao. L’ONG avait appelé Abidjan à mettre un terme à cette violation du droit international.

Dans le cadre de son plan de lutte contre le changement climatique, le gouvernement ivoirien a renouvelé, en septembre, son engagement de restituer au moins 20% de son territoire à la forêt (contre 12% actuellement). La promesse pourrait toutefois rester lettre morte. «Même les reboisements sont détruits pour y installer des plantations», déplore le directeur général de la Sodefor.

 



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