Cacahuètes: des enfants guéris de leur allergie

Le 05 février 2014 par Romain Loury
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Des chercheurs brittaniques ont trouvé un remède à l'allergie aux cacahuètes
Des chercheurs brittaniques ont trouvé un remède à l'allergie aux cacahuètes

Pour la première fois, des enfants ont pu être soulagés de leur allergie alimentaire aux cacahuètes, lors d’une étude clinique de désensibilisation par voie orale publiée dans The Lancet, grande revue médicale britannique.

A la différence des allergies respiratoires, contre lesquelles il est possible de se faire désensibiliser chez un allergologue, celles d’ordre alimentaire demeurent sans solution médicale. Seul choix possible, celui de l’éviction totale des allergènes en question, et d’une attention vigilante à l’étiquetage des produits alimentaires.

Or, même en y prêtant la plus grande attention, personne n’est à l’abri d’une exposition accidentelle: parmi les gens souffrant d’une allergie aux cacahuètes, l’une des plus sévères, on estime que 14% à 50% seront par mégarde exposés durant l’année. Un risque particulièrement élevé chez les enfants, auxquels l’étude Stop II pourrait donner un peu d’espoir.

Menée par l’équipe d’Andrew Clark, de l’Addenbrooke’s Hospital de Cambridge (Royaume-Uni), cet essai clinique montre l’efficacité d’une technique consistant à mélanger à l’alimentation des doses croissantes de protéines de cacahuètes, jusqu’à induire une tolérance de l’organisme. Les chercheurs ont commencé avec une dose de 2 milligrammes, prise tous les jours pendant 2 semaines, puis 5 mg, 12,5 mg, etc. jusqu’à atteindre 800 mg/jour, équivalent de 5 cacahuètes.

Après 26 semaines, 84% des 49 enfants ayant suivi ce traitement se sont avérés capables de supporter cette dose quotidienne de 800 mg. Mieux, 62% d’entre eux pouvaient même ingérer une dose de 1.400 mg (entre 9 et 10 cacahuètes) sans réaction allergique. Sans surprise, aucun des enfants du groupe contrôle (groupe «éviction») n’y est parvenu.

 

Une NOAEL multipliée par plus de 25

Dénué d’effets indésirables importants, ce traitement de désensibilisation permettait de multiplier par 25,5 la dose sans effet toxique observable (NOAEL), à savoir la dose maximale à laquelle on n’observe pas encore de réaction allergique. De quoi ne plus avoir de mauvaise surprise en cas d’exposition fortuite à une cacahuète.

Les chercheurs vont même plus loin, évoquant l’idée, non testée, que certains de ces enfants puissent même ingérer des quantités bien supérieures, jusqu’à 6.000 mg. Soit une grosse poignée de 38 cacahuètes en un coup… de quoi bien rassurer les parents!

Reste à savoir si l’effet de tolérance sera durable, ce dont l’équipe doute: «Il est probable qu’une ingestion de protéines de cacahuètes à long terme, peut-être sur plusieurs années, soit nécessaire afin de continuer à conférer une protection en cas d’exposition accidentelle», indique-t-elle.

 

 



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