Ça s’est passé au mois d’août

Le 21 août 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Cette année, le niveau de la mer s'élèvera, en moyenne, de 3 mm.
Cette année, le niveau de la mer s'élèvera, en moyenne, de 3 mm.
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Les écologistes restent une cible de choix pour leurs opposants. L’an passé, au moins 200 défenseurs de l’environnement, dans le monde, ont payé leur engagement de leur vie, rappelait l’association Global Witness mi-juillet. Et cette année s’annonce d’ores et déjà comme un bon cru de l’«écolocide». Dernière victime en date: Wayne Lotter. Abattu le 16 août de plusieurs balles à Masaki, quartier huppé de Dar es-Salaam, la capitale économique de la Tanzanie, cet ancien ranger Sud-Africain s’est consacré à la lutte contre les braconniers en Afrique australe. Président de la Protected Area Management Solutions (PAMS), une fondation de protection de la nature d’origine californienne, l’ancien militaire estimait avoir contribué à faire saisir plus de 1.100 armes et assuré la protection de 40.000 éléphants et girafes. La PAMS finance aussi le fonctionnement de la NTSCIU, une unité de la police tanzanienne spécialisée dans la répression du braconnage.

500.000 passereaux

Ecologie toujours, mais plus heureuse cette fois. Après avoir fermé les yeux des décennies durant sur cette pratique illégale, l’Etat français semble enfin prendre le dossier du braconnage au sérieux. Dans un communiqué diffusé le 8 août, le ministre de la transition écologique et solidaire annonce avoir «donné instruction au préfet des Landes de renforcer toutes les mesures de surveillance, de contrôle et de verbalisation, tant à l’égard des braconniers que des intermédiaires qui se livreraient à un trafic, et de n’accorder, comme l’an dernier, aucune tolérance aux pratiquants». Il n’était que temps.

Selon la Ligue de protection des oiseaux (LPO), «au moins 500.000 passereaux protégés sont détruits illégalement chaque année en France». L’activisme gouvernemental n’est pas seulement motivé par la protection des petits oiseaux. La Commission européenne a formé un recours contre la France devant la Cour de justice de l’Union européenne pour manquement dans la mise en œuvre de la directive Oiseaux. Une condamnation pourrait valoir à Paris une amende de plusieurs dizaines de millions d’euros.

La révolution automobile allemande

Des amendes, l’industrie automobile allemande devra s’en acquitter sans doute longtemps encore après les découvertes des scandales du Dieselgate ou des camions sous-équipés. Mais la peine pourrait être plus lourde encore. Après la France, les Pays-Bas et le Royaume-Uni, d’autres pays pourraient être tentés d’interdire à moyen terme la commercialisation de voitures à moteur thermique. Dans un entretien accordé le 7 août à Hendelsblatt, le ministre autrichien de l’environnement a annoncé que son pays interdirait les voitures diesel dès 2030. Chose impensable il y a quelques mois encore, une telle mesure fait désormais débat en Allemagne. Sans surprise, ce sont les Verts qui réclament la fin des moteurs (neufs!) à essence et au gazole pour 2030. Très en retard dans les sondages sur la chancelière Merkel, le leader socialiste ne va pas aussi loin.

Schulz, le pusillanime

Martin Schulz propose surtout de mettre en œuvre les mesures décidées lors du ‘Sommet du diesel’ organisé le 2 août par le gouvernement… Merkel. Au menu: la suppression du logiciel truqueur dans 5 millions de véhicules, les subventions accordées par les constructeurs pour aider les automobilistes à remplacer leur véhicule diesel, un budget de 500 millions d’euros (financé pour moitié par les industriels) pour installer des bornes de recharge de voitures électriques. Comme souvent, l’ancien président du Parlement européen pourrait être doublé sur sa droite.

Dans une interview que publie le magazine Superillu, Angela Merkel se montre plus ouverte que par le passé quant à une interdiction du moteur thermique: «Je ne peux pas indiquer de date précise, mais nous nous orientons vers ça. Et si nous investissons davantage dans les infrastructures de recharge [de véhicules électriques] et dans la technologie, une transition sera structurellement possible.» Le débat pourrait être tranché par la Commission européenne. A Berlin, on milite fortement pour que l’exécutif communautaire propose la fixation de quotas nationaux de voitures électriques ou d’objectifs contraignants. Des mesures auxquelles la Commission réfléchit depuis plus d’une année. Dans quelques semaines, le Parlement européen devrait débattre de l’opportunité d’imposer un quota de 25% de voitures neuves électriques en 2025 et d’interdire les moteurs à combustion interne en 2035.

Renouvelables moins chèrEs que le thermique

Sans attendre, les énergies renouvelables galopent vers la rentabilité. Le 10 août, le ministère de la transition écologique et solidaire a rendu publics les résultats de deux appels d’offres pour les installations de production d’électricité d’origine renouvelable en Corse et dans les départements d’Outre-mer. Au total, 109 projets ont été retenus, pour une capacité totale de 75 mégawatts (MW). Ce n’est pas énorme. Mais l’important n’est pas là. Les 67 installations photovoltaïques qui seront dotées de batteries injecteront un courant au coût de 113,6 euros le mégawattheure (MWh), en baisse de 40% par rapport aux projets retenus lors du précédent appel d’offres, se félicite l’Hôtel de Roquelaure. A ce prix, le photovoltaïque s’avère désormais moins coûteux que les moyens classiques de production d’électricité dans les zones non interconnectées. Aux Antilles ou en Corse, EDF produit un courant (souvent d’origine thermique) pour un coût moyen d’environ 200 €/MWh.

L’ENEL à bride abattue

Une évolution bien comprise par certains producteurs d’électricité. A commencer par l’ENEL. L’électricien historique italien vient d’enclencher le turbo renouvelable. Patron de l’une des rares utilities européennes en bonne santé, Francesco Strarace a annoncé début août le lancement d’un ambitieux programme d’équipement en éolien et en solaire. Chaque année, a indiqué son administrateur délégué à Il Sole 24 Ore, l’ENEL mettra en service 2.500 MW de capacités vertes. De quoi renouveler l’intégralité de son parc de production d’ici à 2040: 10 ans avant l’échéance initiale!

Les pistes du PNACC 2

Réduire les émissions carbonées, c’est bien. Mais cela doit s’accompagner, rappellent les climatologues, d’une adaptation aux conséquences du réchauffement, parti pour durer quelques siècles. Fin juillet, le gouvernement a présenté les premières pistes de réflexion qui permettront la rédaction d’un nouveau plan national d'adaptation au changement climatique (le PNACC 2). Au menu, un renforcement de la cohérence entre atténuation et adaptation, la promotion des actions territoriales, la prise en compte de la biodiversité, le développement de la recherche, la sensibilisation et l’intégration des acteurs économiques aux politiques publiques. Sans oublier la dynamisation de nos échanges internationaux. La concertation autour de la trentaine de propositions devrait durer jusqu’à la fin de l’année, indiquent les services de Nicolas Hulot.

Démenti cinglant à Trump

Il n’est pas certain qu’il faille y associer les officiels américains. Car, en matière de lutte contre le changement climatique, le bulldozer Trump poursuit son œuvre de destruction. Le locataire de la Maison blanche a d’ailleurs de quoi être agacé. Le 7 août, le New York Times publiait une version non validée par le gouvernement du rapport quadriennal sur l’état du climat américain. Produit par 300 scientifiques de 13 agences fédérales, ce pavé de plus de 500 pages rappelle non seulement l’origine anthropique du réchauffement mais aussi que les Etats-Unis sont d’ores et déjà frappés par certaines de ses conséquences: sécheresses, baisse de rendement des cultures, montée du niveau des océans, etc. Un démenti cinglant et documenté des mensonges régulièrement proférés par le président américain ou le patron de l’agence fédérale de la protection de l’environnement (EPA), le climato-sceptique Scott Pruitt.

Schwarzenegger en embuscade

Les réactions de l’exécutif ne se sont pas faites attendre. Dans les jours qui ont suivi le scoop du NYT, les fonctionnaires du département à l’agriculture ont été priés de ne plus parler de changement climatique, mais d’événements météorologiques extrêmes. Nuance. Plus sérieusement, Donald Trump a rayé d’un trait de plume certaines règles de protection de l’environnement encadrant la réalisation d’infrastructures. «Cela ne prendra plus que deux ans pour construire une autoroute», s’est-il félicité. Certaines de ces mesures avaient été édictées par l’administration Obama pour éviter, notamment, de bâtir des routes dans des zones menacées par la montée du niveau de la mer…

Taquin, Arnold Schwarzenegger est entré en rébellion. La fondation pour le climat de l’ancien gouverneur de Californie a mis en ligne un catalogue de législations destiné à aider les élus locaux américains à correctement légiférer pour réduire les émissions carbonées US. Terminator not dead.



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