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Ca gaze pour les poids lourds en Rhône-Alpes!

Le 02 février 2016 par Yves Leers
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L'expérience pourrait concerner plusieurs centaines de camions.
L'expérience pourrait concerner plusieurs centaines de camions.

L’avenir du transport routier passe-t-il par le gaz et dans une seconde étape par le biogaz? C’est ce dont sont convaincus l’Ademe et GrDF qui ont lancé, avec plusieurs transporteurs, le projet Equilibre pour l’utilisation du gaz naturel véhicule (GNV) en premier lieu dans la vallée de l’Arve (Haute-Savoie), fréquentée tous les jours par 2.000 poids lourds transitant par le tunnel du Mont-Blanc.

Bruno Léchevin, le président de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, a qualifié cette expérimentation de «test positif pour ‘massifier’ le poids lourd vers le GNV, une filière d’avenir», lors des Assises européennes de la transition énergétique qui se sont tenues à Dunkerque la semaine dernière. A ses yeux, il s’agit d’une solution bien adaptée pour réduire la pollution de l’air et encourager le développement du biogaz.

Ce dispositif, d’ailleurs imaginé par l’Ademe Rhône-Alpes, est une expérimentation en vraie grandeur. Le projet Equilibre est accompagné par un fonds de soutien GNV à l’acquisition de véhicules dont les moteurs sont adaptés au GNC (gaz naturel comprimé) et qui empruntent la vallée de l’Arve. Une centaine de transporteurs sont impliqués dans le projet qui doit être reproduit rapidement dans plusieurs villes de la région. Le soutien public permet aux entreprises d’investir dans l’adaptation tandis que GrDF installe les bornes de recharge. A terme, c’est la création d’une nouvelle filière qui est visée, grâce à ce partenariat public-privé expérimental mais pertinent. Cela devrait permettre à Chamonix de mieux respirer, grâce aussi à un plan de renouvellement des chauffages au bois, très émetteurs de particules fines.

SORTIR DU DIESEL

Directeur régional de GrDF, Didier Saussier ne voit que des avantages à l'utilisation du GNV par le transport routier. «C'est, dit-il, bon pour la santé, bon pour le climat, bon pour la balance commerciale et bon pour l'emploi local.» Selon lui, la motorisation du GNV permet une réduction très importante des émissions de polluants par rapport au diesel. «Appliqué au transport routier, le GNV est donc une solution pertinente et réaliste pour améliorer la qualité de l'air. De plus, l'utilisation du biométhane injecté dans les réseaux de distribution rend le carburant gaz totalement renouvelable», explique-t-il.

Cette phase de test doit permettre de valider les bénéfices de l’utilisation du GNV et la définition du modèle économique adéquat et transposable. Arnaud Mainsant (Ademe Rhône-Alpes) estime, lui, que le projet Equilibre «a permis à de nombreux acteurs publics et privés de comprendre la réalité de cette technologie et sa maturité technico-économique, ce qui va permettre de faire progresser l’ensemble d’une filière, le transport et la distribution urbaine, autour d’un carburant d’avenir». Maintenant, ajoute-t-il, l’objectif de l’Ademe est «clairement de convaincre la filière du transport d’utiliser à court terme le carburant bioGNV, ce qui contribuera à réduire de façon radicale les émissions de gaz à effet de serre», et s’inscrit pleinement dans une perspective d’économie circulaire. Le bioGNV est un GNV produit à partir de la biomasse, par exemple nos déchets.

GrDF et l’Ademe ont décidé de reproduire sur une dizaine de territoires, dont le Grand Lyon en priorité, le principe de l’opération de la vallée de l’Arve, le GNV étant bien adapté aux activités de livraison des commerces de centre-ville. L’agglomération lyonnaise connaît en effet les trois quarts des dépassements de NOx de toute la région couverte par Air Rhône-Alpes, le réseau de surveillance de la qualité de l’air.

DES EMISSIONS REDUITES

Les avantages écologiques du GNV par rapport au diesel sont incontestables mais l’adaptation des véhicules et l’installation d’infrastructures nouvelles sont coûteuses. Cependant, les lois de finances 2016 (publiées le 29 décembre) ont mis en place un dispositif en faveur de l’investissement pour des camions équipés en GNV (l’économie représente 50% de l’investissement) tandis que l’écart de taxation entre le GNV et le diesel se resserre en faveur du GNV. Malgré le surcoût à l’investissement, le coût d’exploitation d’un camion GNV est compétitif, car le prix du kilogramme de gaz (équivalent à 1,1 litre de diesel) est compris entre 0,75 et 0,85 euro.

S’il s’agit du carburant émettant le moins de CO2 à la production, le GNV est aussi bien placé à l’utilisation: il émet en effet beaucoup moins de NOx (oxydes d’azote) que le diesel et pratiquement pas de particules: moins 80 à 85% pour les NOx, moins 92% pour les particules et moins 25% pour le CO2, selon plusieurs sources dont le ministère de l’écologie et GrDF.



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