C’est promis Air France va réduire ses émissions de CO2

Le 28 avril 2020 par Victor Miget
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Air France vise une réduction de 50% de ses émissions de CO2 sur les vols domestiques d'ici 2024.
Air France vise une réduction de 50% de ses émissions de CO2 sur les vols domestiques d'ici 2024.

Air France va bénéficier d’un plan d’aide de plusieurs milliards d’euros pour traverser la crise sanitaire. De nombreuses ONG regrettent que l’Etat ne conditionne qu’à la marge ce soutien de garanties environnementales. 

 

7 milliards d’euros. C’est le montant de l’aide qui sera versée à la célèbre compagnie aérienne tricolore pour surmonter la crise du coronavirus. C’est ce qu’à confirmé, lundi 27 avril, le ministre de l’économie Bruno Le Maire. Cependant l’Etat n'accorde « aucun chèque en blanc », a assuré la ministre de la Transition écologique Elisabeth Borne, au micro d’Europe 1. « Il ne peut pas y avoir un soutien de l'Etat, avec l'argent des Français, sans engagement écologique de la compagnie », a-t-elle affirmé.

La ministre s’est entretenue en fin de semaine dernière avec les dirigeants d’Air France. Objectif : acter lesdits engagements. « C'est à la fois réduire les émissions de CO2 par passager, réduire de 50% les émissions de CO2 sur les vols domestiques d'ici 2024 », a-t-elle expliqué. C’est aussi le renouvellement de la flotte pour des avions moins polluants. Ainsi qu’une réflexion sur le réseau national de la compagnie, lorsque des alternatives ferroviaires de moins de 2h30 existent, a énuméré la ministre.

Pas de garanties

Problème, Greenpeace rappelle que la compagnie a annoncé ce week-end la relance prochaine de ses lignes intérieures, comme le Paris-Bordeaux. Un trajet qui s’effectue en 2 heures… en TGV. « C’est un très mauvais premier signal de la part d’Air France et un premier désaveu pour un gouvernement qui entend en faire la compagnie aérienne la plus verte du monde (en référence à une déclaration de Bruno Lemaire sur TF1 vendredi 24 avril. Ndlr) », regrette l’ONG.

Et pour cause, rien ne vient formaliser ces engagements pour le moment. « Comment ces garanties ont-elles ou seront-elles établies et avec quelle transparence ? Quel contrôle démocratique de ce “plan écologique” promis en contrepartie de l’argent public apporté à l’entreprise sera possible ? […] Pour l’instant, nous n’avons aucun élément là-dessus », s’interroge dans un communiqué Sarah fayolle, chargée de campagne Transports chez Greenpeace France. 

Huile de palme : le retour ?

Autre inquiétude des ONG, la demande faite par Elisabeth Borne de recourir à davantage de bio-carburants. L’ONG Canopée y voit une porte ouverte à l’huile de palme. Un agro-carburant au combien controversé et jugé responsable de déforestations massives en Amérique du sud et en Asie du sud-est. Mieux vaut prévenir que guérir, l’organisation réclame du gouvernement qu’il exclut le recours à des produits à base d’huile de palme ou de Soja.

Seule solution viable pour décarboner le transport aérien selon Cécile Marchand, chargée de campagne climat de l’association Les Amis de la terre : « réduire le trafic aérien. Les conditions aux aides de l’Etat à Air France doivent permettre d’organiser une réduction ordonnée de ce trafic aérien socialement juste pour les salariés du secteur, et non promouvoir les fausses solutions. »

 

Contacté par Le Journal de l’environnement, Air France n’a pas encore donné suite à notre demande d’interview.