C’est officiel: le dégel du permafrost émettra du carbone

Le 25 août 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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C’est à une petite bizarrerie scientifique qu’une équipe internationale de climatologues vient de mettre fin. Dans la dernière livraison des annales de l’académie américaine des sciences (PNAS), Charles Koven et ses confrères confirment, enfin, le dégel annoncé, pour la fin du siècle, des sols gelés de l’Arctique.
 
Le processus est bien connu: sous l’effet de l’accroissement des températures (qui sera particulièrement fort sous les hautes latitudes), des sols gelés en permanence dégèleront. Conséquences immédiates: la végétation et les micro-organismes reprendront leurs droits sur ces terres ingrates.
 
La micro faune, notamment, dégradera le matériel biologique contenu dans les couches superficielles du sol (très riche en carbone), ce qui relâchera de grandes quantités de carbone, sous forme de CO2 ou de méthane.
 
Cela semble évident. Mais, jusqu’à présent, les modèles informatiques utilisés par les climatologues, trop rudimentaires, affirmaient exactement le… contraire.
 
L’équipe de Charles Koven a fait tourner un modèle de surface incluant des processus jusqu'ici négligés, et les résultats de leurs simulations sont plus conformes aux attentes du monde scientifique.
 
«Nous revenons au bon sens, confirme Gerhard Krinner, directeur de recherche CNRS au Laboratoire de glaciologie et géophysique de l'environnement (LGGE, appartenant au CNRS et à l'UJF Grenoble) et co-signataire de l’article. En prenant comme hypothèse le scénario de réchauffement A2 (réchauffement global moyen de 2°C à 5,4°C d’ici 2100, ndlr) nous montrons que sous l’effet de la reprise des processus biologiques, le permafrost devient un émetteur net de carbone.»
 
Même si elles doivent être affinées, les premières estimations font froid dans le dos. Le dégel de l’Arctique pourrait être à l’origine de l’émission de 62 milliards de tonnes de carbone en un siècle, soit l’équivalent de 227 milliards de tonnes équivalent CO2 en 100 ans.
 
Dit autrement, cela représente, grosso modo, le tonnage des émissions annuelles des sites industriels européens soumis à la directive Quotas.
 
Les climatologues, adeptes des glaces, ne vont pas s’arrêter en si bon chemin. «Nous devons encore intégrer à nos prochaines modélisations des processus que nous n’avons pas pris en compte, tels que l’extension de la forêt boréale vers le nord, les feux de toundra ou la limitation par l'azote», indique Gerhard Krinner.
 
Des travaux qui prendront encore du temps. Mais qu’importe. Le prochain rapport d’évaluation du Giec (sortie prévue en 2013) devrait intégrer le fait qu'à la fin du siècle l’Arctique ne sera plus un puits de carbone mais une source.
 


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