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C’est officiel, la France ne cultive plus de maïs GM

Le 05 juin 2014 par Romain Loury
Adieu le maïs GM...
Adieu le maïs GM...
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Désormais illégales, les dernières parcelles de maïs GM ont été détruites ce jeudi 5 juin, en Midi-Pyrénées, à la demande du ministère de l’agriculture. Voilà qui met fin à ce type de culture en France, du moins officiellement.

Plantées par deux agriculteurs de Haute-Garonne et du Tarn-et-Garonne, ces parcelles l’avaient été avant la publication de l’arrêté du 14 mars, qui interdit la culture de maïs MON810. Saisi par les deux exploitants, le Conseil d’Etat a soutenu l’arrêté lors d’un jugement en référé rendu le 5 mai (voir le JDLE). Bien que temporaire en attente d’un jugement sur le fond, cette décision de non-suspension obligeait les agriculteurs à détruire leur maïs «dans les plus brefs délais» [1].

L’affaire a pris une tournure plus définitive, avec la promulgation le 2 juin de la loi interdisant la culture de tout maïs OGM. La mise en demeure des deux exploitants de détruire leur maïs sous 48 heures, «en raison des risques pour l’environnement (…) et pour éviter tout risque de contamination» comme le rappelle la préfecture de Midi-Pyrénées, a donc tout l’air d’un épilogue.

A Saubens (Haute-Garonne), l’agriculteur a procédé lui-même à la destruction chimique de son maïs, mercredi 4 juin au matin, indique la préfecture. «Les parcelles concernées feront l'objet d'un suivi particulier pour s'assurer de l'absence de repousses», indique-t-elle.

Quant à la deuxième exploitation, à Auvillar (Tarn-et-Garonne), les choses n’ont pas été aussi simples. La destruction des parcelles, dont une partie située dans le Gers, a eu lieu tôt ce jeudi matin par une entreprise mandatée par l’Etat. Et ce en présence d’une vingtaine d’agriculteurs venus soutenir leur collègue, ce qui a donné lieu à quelques échauffourées avec les CRS, comme le rapporte France 3 Midi-Pyrénées.

Un exploitant plus ou moins coopératif, c’est selon

Du côté de la préfecture du Tarn-et-Garonne, on indique que l’agriculteur n’a pas répondu à la demande du ministère sous les 48h prévues. A la Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA) de Tarn-et-Garonne, on réplique qu’il s’y serait volontiers plié, mais qu’il était absent pour d’importantes raisons personnelles.

Pour le préfet Jean-Louis Géraud, l’agriculteur était bien présent lors du passage, jeudi matin, de l’entreprise mandatée pour la destruction du maïs; pour la directrice de la FDSEA, Marie-Emmanuelle Thomsen, qui aurait préféré «un minimum d’humanité», il n’y était pas. Parole contre parole.

Une chose est sûre, c’est que l’agriculteur avait déposé un recours en justice, et qu’il attendait son jugement en référé ce jeudi après-midi, à Toulouse. Interrogé à ce sujet par le JDLE, le préfet Jean-Louis Géraud indique que la destruction s’inscrit «dans un cadre complètement légal». Avec une procédure en justice, «il peut ensuite y avoir appel, et on peut partir sur des années», ajoute-t-il, pointant le caractère «militant» des deux agriculteurs.

Une indemnisation semble peu probable. «A priori ce n’est pas prévu, du fait qu’il s’agit de cultures illégales», indique le préfet. «Mais rien n’exclut que les agriculteurs le demandent, s’ils estiment qu’il y a préjudice financier. Cela dépendra aussi du fait qu’ils ressèment ou non après», ajoute-t-il.

Dans un tout autre contexte, d’autres arrachages de maïs OGM ont récemment eu lieu. Cette fois-ci, il s’agissait de maïs contaminé acheté à l’espagnol Semillas Fito par des agriculteurs français qui en ignoraient la nature. L’affaire a été révélée mi-avril par Greenpeace (voir le JDLE).

Selon l’association Inf’OGM, 9 exploitations, en Dordogne et en Charente, auraient acheté et semé de ce maïs. Selon les sources, ce serait 55 ou 68 hectares qui auraient été semés. L’ensemble aurait déjà été détruit par les agriculteurs eux-mêmes, a affirmé le distributeur français à Inf’OGM. Sans les tests de Greenpeace, le maïs continuerait probablement à pousser à l’ombre de la loi.

[1] Pour l’une d’entre elles, basée à Saubens (Haute-Garonne), les Faucheurs volontaires s’en étaient en partie occupé, trois jours avant la décision du Conseil d’Etat.



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