Bulgarie: tout schuss sur un parc national

Le 29 janvier 2018 par Romain Loury
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parc national du Pirin Bulgarie
parc national du Pirin Bulgarie

En Bulgarie, le parc national du Pirin, classé au patrimoine mondial de l’Unesco, est une fois de plus menacé par l’industrie du ski, alerte le WWF dans un rapport publié lundi 29 janvier.

«Plus de 1.300 espèces végétales, 45 mammifères et plus de 150 espèces d’oiseaux, parmi lesquelles des espèces rares et emblématiques telles que l’ours brun, le loup gris et l’aigle pomarin»: inscrit en 1983 à la liste du patrimoine mondial de l’Unesco[i], le parc national du Pirin, couvrant 40.000 hectares dans le sud-ouest de la Bulgarie, pourrait encore être rogné.

La Bulgarie a pris la présidence de l’Union européenne le 1er janvier. Son ministre de l’environnement, Neno Dimov, et donc président du conseil environnement de l’UE pendant six mois, a l’étrange particularité d’être climatosceptique. Dans une vidéo de 2015, il affirme ainsi que le changement climatique relève d’«une fraude destinée à effrayer les gens». Un propos qu’il a légèrement atténué lors de son arrivée au ministère en 2017, jugeant qu’il s’agissait d’«un débat scientifique», sur lequel «il n’y a pas consensus, et où chaque partie a des arguments».

Les premiers coups de tronçonneuse remontent à la construction de la station de ski de Bansko, au début des années 2000. Le projet partait d’emblée sur de mauvais rails: l’exploitant de la station, Yulen AD, avait très largement dépassé ses engagements, s’étendant sur 60% plus de territoire qu’initialement prévu, et construisant des pistes quatre fois plus larges qu’annoncé. Face à l’ampleur des dégâts, deux zones avaient été exclues du patrimoine mondial.

3.000 hectares menacés

Or les dégâts pourraient s’étendre: un nouveau plan de gestion du parc, qui s’étend jusqu’en 2024, prévoit d’agrandir encore la station et son domaine skiable, jusqu’à 7,5% de la superficie du parc, contre 0,6% lors du lancement de Bansko. «L’expansion aurait lieu dans certaines zones parmi les plus intactes et les plus précieuses du parc, et comporterait la perte de plus de 3.000 hectares de forêt, dont la coupe de vieux pins macédoniens et bosniaques», déplore le WWF.

Egalement au programme, la possibilité de construire sur une surface équivalant à 48% du parc, et celle d’exploiter le bois jusqu’en son cœur. Or en mars 2017, le ministère bulgare de l’environnement a jugé que ce nouveau plan de gestion pouvait se passer d’études d’impact environnemental. Le WWF et des associations bulgares de défense de l’environnement ont saisi la justice, pour violation des lois sur l’environnement et la protection de la biodiversité. Le verdict devrait être rendu en milieu d’année.



[i] Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture

 



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