Bruxelles veut réduire les gaspillages de la pêche

Le 02 mars 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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La commissaire européenne en charge de la pêche, Maria Damanaki, a annoncé mardi vouloir interdire les rejets en mer de poissons morts, dénoncés comme un gaspillage des ressources naturelles.

«J'envisage de proposer une interdiction des rejets dans le cadre de mes propositions de réforme de la politique commune de la pêche», d'ici quelques mois, a déclaré la Commissaire grecque lors d'une réunion à Bruxelles réunissant des représentants des pays européens concernés et du Parlement européen.

«Jusqu'ici, nous avons tenté de nous attaquer au problème par des mesures techniques. Mais soyons honnêtes, si nous continuons comme ça, ce sera comme de traiter une maladie grave avec de l'aspirine», a commenté M. Damanaki.

Le problème atteint, il est vrai, des proportions inquiétantes. Selon une étude de la FAO, publiée en 2004, 7,3 millions de tonnes de poissons par an sont rejetés à la mer, soit 8% du total des prises mondiales. En Europe, tout dépend des espèces pêchées. La moitié des poissons blancs pêchés seraient ainsi gaspillés. Et la proportion pourrait atteindre 70% pour les poissons plats. «Les rejets ne sont pas éthiques, ils représentent un gaspillage des ressources naturelles, comme des efforts des pêcheurs».

L'idée serait d'adopter une «approche graduelle», a-t-elle souligné, en commençant par exemple par les espèces pélagiques (anchois, maquereau, thon rouge), puis aux poissons des grands fonds, en élargissant la liste des espèces concernées d'année en année, a précisé la commissaire.

La question est toutefois très complexe, a-t-elle admis, soulignant qu'il fallait choisir de quelle manière mettre en œuvre cette interdiction. Une solution pourrait être de déduire les prises des quotas de pêche afin d'encourager les pêcheurs à développer des techniques plus sélectives, a-t-elle cité en exemple.

La réunion, à laquelle participaient notamment les ministres espagnol et britannique de la pêche, fait partie des consultations de la Commission européenne en vue d'élaborer sa réforme de la politique de la pêche, dont les grandes lignes devraient être présentées d'ici la fin juin.

Dans une déclaration commune signée mardi en marge de la réunion de Bruxelles, la France, l'Allemagne, le Danemark et le Royaume Uni partagent le constat de la Commission sur les rejets.

Mais ces pays plaident pour une approche plus différenciée d'une pêcherie à l'autre, estimant que les interdictions de rejets devraient être introduites «là où c'est approprié».

Ils demandent aussi à Bruxelles de procéder à une «évaluation d'impact» pour estimer les différentes causes et les différentes mesures nécessaires à l'éradication des rejets.

Ils estiment par ailleurs que l'introduction d'obligations de ramener à terre tous les poissons pêchés présuppose qu'ils peuvent être commercialisables et se prononcent en faveur de mesures incitatives pour les pêcheurs.



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