Bruxelles veut ouvrir la voie aux camions de 60 tonnes

Le 15 avril 2013 par Stéphanie Senet
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Plus de 25 mètres de long pour un mégacamion
Plus de 25 mètres de long pour un mégacamion

Sur le papier, la proposition de la Commission européenne, présentée ce 15 avril, paraît intéressante. En encourageant la conception de camions plus «aérodynamiques», la révision de la directive 96/53/CE permettrait de réduire de 8% à 10% les émissions de CO2 émises par un camion longue distance standard parcourant 100.000 kilomètres par an. Autre atout: une baisse de la consommation annuelle de carburants de 5.000 euros par an. Enfin, l’élargissement du champ de vision du chauffeur, par la conception d’une nouvelle cabine plus arrondie, sauverait la vie de 300 à 500 personnes chaque année, en particulier des piétons et des cyclistes.

«Le cube est actuellement la forme la moins aérodynamique qui puisse être imaginée. Il est impératif d’améliorer la silhouette des camions qui circulent sur nos routes. Cette évolution rendra le transport routier plus vert et plus sûr», assure Siim Kallas, vice-président de la Commission, en charge des transports, dans un communiqué.

Ces avancées, très importantes, sont saluées aussi bien par France Nature Environnement (FNE) que par l’association Transport & Environnement.

Mais ce texte a d’autres conséquences qu’a oublié d’évoquer le communiqué de Bruxelles. Pour FNE, il autorise en effet la circulation de camions de 60 tonnes sur des trajets transfrontaliers ou internationaux.

«Ces méga-camions, de plus de 25 mètres de long, n’existent aujourd’hui que dans quelques pays européens, comme la Norvège, le Danemark ou les Pays-Bas. Des expérimentations ont aussi été lancées en Belgique et en Allemagne. Mais cette proposition de directive affirme que si deux Etats membres autorisent ces méga-trucks à parcourir leurs routes, ils peuvent alors traverser la frontière de ces deux Etats. C’est la porte ouverte à leur généralisation en Europe», explique William Todts, chargé de mission politique à Transport & Environnement.

«On reste très vigilants sur cette possible extension du transport routier aux 60 t. Selon nos informations, la France pourrait en effet être tentée de lancer prochainement des expérimentations, pour les parcours d’approche des ports, comme cela s’est produit avec les 44 t, avant qu’ils ne soient globalement autorisés (1)», ajoute Gérard Allard, membre du réseau Transport et mobilités durables à FNE.

La généralisation des seuls camions de 44 t sur les routes françaises entraîne une facture de 400 à 500 M€ d’entretien supplémentaire du réseau, note un rapport du Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD) publié en janvier 2011. Les 60 t vont bien sûr alourdir un peu plus la facture.

Par ailleurs, ces méga-camions rendent le transport routier toujours plus compétitif, en réduisant ses coûts de 20 à 25%, note William Todts. Une conséquence qui favorisera le report modal du transport ferroviaire et fluvial vers le routier et qui ne peut qu’accroître la circulation des poids lourds. Or ces véhicules représentent 3% de la flotte européenne de véhicules mais 25% de ses émissions, estime l’association Transport & Environnement.



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