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Bruxelles veut moins de radioactivité au robinet

Le 30 septembre 2011 par Geneviève De Lacour

A l’occasion d’un atelier des Entretiens de Bichat qui s’est tenu jeudi 29 septembre sur le thème «L’eau du robinet et la santé», Jean-Luc Godet de la direction des rayonnements ionisants et de la santé à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) est revenu sur la qualité radiologique des eaux de consommation en France.

Alors qu’un état des lieux en France a été publié en février dernier par l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) (voir JDLE), le spécialiste a annoncé la publication prochaine d’une directive européenne sur les substances radioactives des eaux de consommation. Elle obligera la France à surveiller les concentrations de radon dans l’eau du robinet.

Selon le traité Euratom, chaque Etat membre est tenu d’assurer une surveillance des taux de radioactivité dans l’environnement. Et la commission européenne a pour mission d’harmoniser les programmes de surveillance des Etats membres.

Celle-ci a donc adopté le 27 juin dernier une proposition de directive fixant des exigences pour la protection de la santé de la population en ce qui concerne les substances radioactives dans les eaux destinées à la consommation humaine (directive Eau potable). Au sein du groupe des questions atomiques, où siège le conseiller nucléaire pour la France, les discussions ont été entamées en juillet dernier. La dernière réunion du groupe s’est tenue mercredi 28 septembre. Le processus de négociation s’inscrivant dans le cadre du traité Euratom, la publication de la directive devrait être rapide. Selon le spécialiste de l’ASN, «un consensus semble avoir été trouvé».

En France, un réseau national des mesures (RNM) surveille tout particulièrement les 31 départements dits prioritaires, c’est à dire «les régions où les caractéristiques géologiques et hydrologiques sont telles que la présence de substances radioactives naturelles constitue un motif de préoccupation». Avec cette nouvelle directive, aucun changement n’est attendu dans le suivi du tritium et des radionucléides Alpha, Bêta et enfin de la dose totale indicative (DTI)[1], la France ayant anticipé la réglementation européenne avec un arrêté pris en 2005. En revanche, la nouveauté réside dans la surveillance du radon comme gaz dissous dans l’eau du robinet. Il s’agit de surveiller l’exposition par ingestion, le suivi pour l’inhalation dans les habitations étant obligatoire en France.

«Comme pour toute directive européenne, nous devrions avoir deux ans pour la transposer en droit français», déclare Jean-Luc Godet. Un laps de temps nécessaire pour connaître l’influence du réseau de distribution sur le dégazage du radon et pour en savoir un peu plus sur les traitements adéquats, explique le spécialiste. En sortie d’usine ou au robinet des particuliers? «Pour l’instant, nous ne savons pas où nous ferons les mesures.» Selon Jean-Luc Godet, des études complémentaires sont nécessaires.

 
S’agira-t-il de valeurs-guides ou de limites strictes? Nul ne le sait pour l’instant.
 
Autre problème soulevé par cette nouvelle réglementation européenne, «se pose la question de la compétence des petites collectivités locales pour gérer les traitements en cas de dépassement des valeurs-seuils», explique Jean-Luc Godet qui envisage un traitement par aération de l’eau.
 
Wait and see!
 
 
 


[1] La DTI correspond à la dose d’exposition aux rayonnements ionisants attribuable à l’ingestion d’eau pendant une année.


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