Bruxelles veut coordonner la politique énergétique des 27

Le 07 septembre 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les Etats de l'UE devront à l'avenir obtenir l'aval de la Commission européenne pour leurs gros contrats énergétiques signés avec des pays tiers comme la Russie et son géant Gazprom, si une proposition présentée mercredi, visant à éviter le chacun pour soi, se concrétise.
 
Cette proposition de la Commission «risque de poser des problèmes à beaucoup d'Etats membres», a mis en garde un diplomate européen s'exprimant sous couvert de l'anonymat.
 
Pour le commissaire européen à l'énergie, Gunther Oettinger, il s'agit d'adopter «une approche cohérente dans les relations énergétiques avec les pays tiers». Il faut améliorer «la coordination interne» afin que «l'UE et ses Etats membres agissent ensemble et parlent d'une seule voix», notamment face à la Russie, a-t-il soutenu.
 
Selon Bruxelles, les pays de l'Union confrontés à des risques potentiels de pénurie d'approvisionnement sont soumis à «des pressions croissantes de la part de pays tiers pour accepter des concessions incompatibles avec la loi européenne» sur la concurrence. «Le statu quo n'est pas satisfaisant», a insisté la Commission.
 
Elle préconise donc que les gouvernements soient «tenus de mettre à la disposition des autres Etats membres les informations relatives aux accords internationaux qu'ils ont conclus ou sont en train de négocier avec des pays tiers dans le domaine de l'énergie».
 
Si le projet était accepté, la Commission pourrait alors, «au cas par cas», se prononcer sur la conformité de ces accords avec le droit européen et avec les objectifs européens en matière de sécurité de l'approvisionnement énergétique, a précisé G. Oettinger. Avec donc la possibilité de les retoquer.
 
Hasard du calendrier ou pas, la proposition de G. Oettinger intervient au lendemain de l'inauguration par le Premier ministre russe Vladimir Poutine du gazoduc Nord Stream qui livrera du gaz naturel russe directement en Europe de l'ouest via la Baltique, sans passer par l'Ukraine ou la Pologne.
 
Des conflits sur le prix du gaz russe payé par les Ukrainiens ont, par le passé, entraîné le blocage des approvisionnements européens.
 
Le texte du commissaire intervient également au lendemain de l'annonce par le géant russe Gazprom de la signature, le 16 septembre, de l'accord sur le gazoduc South Stream destiné à livrer du gaz russe à l'Union européenne via la mer Noire.
 
Le projet South Stream auquel sont associés l'italien Eni, le français EDF et l'allemand Wintershall est un concurrent direct du projet de gazoduc Nabucco, soutenu par Bruxelles et porté par le groupe allemand RWE. Nabucco prévoit d'importer du gaz d'Asie centrale via la Turquie.
 
«Les accords en vigueur restent en vigueur. Il n'y aura pas d'effet rétroactif», a cependant affirmé M. Oetinger. «Les accords conclus dans le passé sont intouchables», a-t-il assuré.
 
La part de l'énergie importée au sein de l'UE s'élève à 80% pour le pétrole et à plus de 60% pour le gaz et continue d'augmenter.
 
«La majeure partie des pays qui fournissent de l'énergie aux pays de l'UE n'ont pas forcément la même culture que les Européens en matière de démocratie et de respect des droits de l'Homme», a jugé le commissaire allemand.


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