Bruxelles veut capter le CO2 de hauts fourneaux éteints

Le 09 novembre 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Des hauts fourneaux qui n'émettent plus de CO2 depuis 15 mois.
Des hauts fourneaux qui n'émettent plus de CO2 depuis 15 mois.

L’histoire est kafkaïenne. En 2010, la Commission européenne monte un programme destiné à financer, à 50%, une douzaine de projets de captage et de séquestration géologique du carbone (CSC) d’ici 2015.

Baptisé NER 300, ce dispositif est abondé par le produit de la vente de 300 millions de quotas d’émission de GES. Hélas, le cours des quotas ayant fortement baissé sur l’ETS, l’Europe n’est guère capable de mobiliser plus de 1,2 milliard d’euros sur le CSC (le solde doit financer des projets d’énergies renouvelables): moins de la moitié de ce qui était prévu. Sachant que le coût d’une installation de CSC, de taille industrielle, flirte avec le milliard d’euros, il a fallu trier les projets subventionnables.

Le 12 juillet, la Commission pré-sélectionne 8 projets, dont seuls les 3 premiers ont une chance de profiter des subsides bruxellois. Porté par ArcelorMittal et les pouvoirs publics français, le projet Ulcos est 8e: une disqualification de fait.

Coup de théâtre, ce vendredi 9 novembre. Comme le révèle l’AFP, les entreprises britanniques qui avaient placé 4 projets dans le peloton de tête n’ont plus un penny en poche. Conséquence: le Ulcos est propulsé en 3e position du classement, derrière Belchatow (Pologne, mais Alstom Power en est l’acteur principal), et Green Hydrogen (Pays-Bas, dont Air Liquide est l’industriel de référence).

Bonne nouvelle donc pour les promoteurs tricolores du CSC. A un tout petit détail près. Les hauts fourneaux d’ArcelorMittal de Florange, où devait être installé le système de captage de CO2 (lequel devait être acheminé vers un site de stockage lorrain, actuellement en cours de caractérisation) sont éteints depuis 15 mois. Et nul n’imagine qu’ils soient rallumés de sitôt. L’Europe va-t-elle financer le captage du CO2 d’une usine fantôme? A moins qu’elle ne reporte son choix sur le projet de Porto Tolle, porté par l’Enel italienne.



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