Bruxelles publie enfin sa méthode de calcul de l’intensité carbone des carburants

Le 07 octobre 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
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L'exportation de sables bitumineux ne sera pas pénalisée.
L'exportation de sables bitumineux ne sera pas pénalisée.
Suncor

Cinq ans. Il aura fallu cinq ans à la Commission européenne pour finaliser son système d’évaluation de l’empreinte carbone des carburants. Adoptée en avril 2009, la nouvelle directive concernant la qualité de l’essence et des carburants diesel (modifiant la directive 98/70/CE) impose aux fournisseurs, en son article 7bis, de réduire de 6% d’ici à 2020 l’intensité d'émission de gaz à effet de serre sur l’ensemble du cycle de vie des carburants par les véhicules routiers.

Un concept détesté au Canada

Ce concept d’intensité carbone des carburants a été particulièrement combattu par le Canada, gros producteur de carburants automobiles à partir des sables bitumineux, dont l’exploitation est particulièrement énergivore et émettrice de GES.

Problème: jusqu’à présent, il n’existait aucune méthode de calcul de l’intensité en carbone de l’essence, du gazole, du gaz de pétrole liquéfié (GPL) et du gaz naturel comprimé (GNC). C’est désormais chose faite.

Mais à peine publiée, la méthode est déjà critiquée. «Son problème, explique Laura Buffet de Transport&Environment, est qu’elle attribue une intensité carbone moyenne au pétrole brut, d’où qu’il vienne. Un raffineur européen qui n’utilisera pas de sable bitumineux, et dont les hydrocarbures auront une moindre intensité carbone, sera désavantagé par rapport à l’un de ses confrères qui en utilise.»

Agrocarburants, électricité et torchage

Contrairement à ce que réclamaient les ONG environnementalistes, la méthode ne dissuade pas les pétroliers d’importer du brut extrait des fameuses mines canadiennes. Pour autant, souligne-t-on à la Direction générale à l’action climatique, les fournisseurs peuvent toujours abattre les émissions carbonées de leurs carburants en développant la production et la vente d’agrocarburants, en investissant dans l’électricité (désormais classée comme carburant pour véhicule) et en réduisant le torchage de gaz lors de l’extraction de l’huile.

Pour avoir force de loi, le texte publié ce mardi 7 octobre devra être accepté tel quel par le Conseil européen (dans un délai de deux mois) et par le Parlement européen.

 



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